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Surveillance de la qualité des eaux : bulletin du 1er semestre 2016 du réseau Quarstic

Depuis plusieurs années, il est observé  une forte dégradation de la qualité des eaux des rivières comtoises.  Cela se traduit notamment par de graves épisodes de mortalité piscicole depuis 2010, principalement sur la rivière de la Loue. Dans ce contexte, le Conseil départemental du Doubs, en coopération avec le Bureau de Recherche Géologique Minière (BRGM), et avec l’appui technique du Syndicat Mixte de la Loue, a décidé de mettre en place un réseau de surveillance de la qualité des eaux de la Loue dénommé « Réseau Quarstic ».

Ce réseau vise une meilleure compréhension des origines et des flux de pollutions responsables des dégradations observées.

Cette surveillance s’articule autour de deux outils : des sondes multi paramètres et des préleveurs automatiques, répartis sur cinq stations. Ces appareils permettent un suivi continu de l’évolution de la qualité des eaux. Ainsi, Il s’agit à terme, d’identifier les types de pollutions auxquels la rivière est confrontée ainsi que leur répartition dans le temps (saison, régularité…)

station mesure
Par la suite, ce programme de surveillance de la qualité des eaux de la Loue sera un moyen d’identifier les activités et les acteurs à l’origine de ces pollutions, puis d’accompagner ces derniers vers une modification de leurs pratiques.

Après réflexion et consultation des acteurs locaux, cinq sites de surveillance ont été sélectionnés :

  • Arçon (Le Doubs)
  • Ouhans (La Loue)
  • Vuillafans (La Loue)
  • Nans Sous Saint Anne (Le Lison)
  • Chenecey-Buillon (La Loue)

Ce projet, financé par le Conseil Départemental du Doubs et l’Agence de l’Eau, a démarré en novembre 2015. Un premier rapport d’analyses devrait voir le jour au cours du dernier trimestre 2016. Les analyses et mesures se poursuivront sur une durée minimale de trois ans.

Fiche de présentation du projet de réseau QUARSTIC

Cliquez ici pour télécharger le bulletin semestriel des résultats
du 01 janvier au 30 juin 2016

Retour du castor en moyenne Loue !

A l’heure où la biodiversité régresse à grands pas, le retour d’une espèce est toujours une bonne nouvelle !

Le Castor d’Europe (Castor fiber), espèce protégée et d’intérêt communautaire (inscrite à l’annexe II de la directive “Habitats“), a en effet recolonisé la Moyenne Loue à partir du bassin du Rhône et fréquente désormais l’amont de Chenecey-Buillon.

Rappelons que ce rongeur de taille imposante (longueur supérieure à un mètre chez l’adulte pour un poids moyen de 20 kg) se nourrit exclusivement de végétaux aquatiques et de tiges de bois tendres (saules, tremble, peupliers, etc,…) prélevés en bordure des cours d’eau.

La réhabilitation des bras morts, la restauration de la continuité écologique et la préservation des habitats rivulaires seront profitables à l’espèce.

Le milieu de vie du Castor est constitué par le réseau hydrographique de plaine et de l’étage collinéen. Par conséquent, la recolonisation de la Haute-Loue et du Pays de Courbet n’est plus qu’une affaire d’années…

Emmanuel CRETIN, Syndicat Mixte de la Loue

Les effets des barrages sur le fonctionnement des rivières

En France, plus de 60 000 ouvrages – barrages, écluses, seuils, moulins – sont recensés sur les cours d’eau. Ils constituent autant d’obstacles potentiels à la continuité écologique et engendrent souvent des coûts d’entretien importants pour la collectivité.


Qu’est-ce que la continuité écologique ?

Il s’agit de la libre circulation des poissons et des invertébrés, qui ont besoin d’accéder à différentes zones indispensables pour leur reproduction, leur croissance, leur abri… ainsi que le bon déroulement du transport des sédiments.


Les connaissances actuelles convergent vers la nécessité de rétablir cette continuité. En effet, la succession des ouvrages peut avoir, selon les cas, des effets néfastes sur le fonctionnement de la rivière :

  • “L’effet plan d’eau“: la retenue se formant à l’amont d’un seuil peut induire un ralentissement et une uniformisation de l’écoulement, une augmentation de la température, des proliférations d’algues (du fait de l’apport d’éléments nutritifs du bassin versant), une baisse de la quantité d’oxygène dissous dans l’eau, une évaporation plus forte des eaux stagnantes en période estivale et, en cas de dérivation des eaux, un débit réduit ou de brusques variations à l’aval.
  • Le blocage de la circulation des sédiments : les sédiments en provenance du bassin versant (limons, sables, graviers, galets,…) sont parfois bloqués en amont de l’ouvrage, déséquilibrant la dynamique naturelle. Il peut en découler la disparition de substrats abritant la vie aquatique et un creusement du lit et/ou des berges en aval de l’ouvrage.
  • Des difficultés pour le déplacement des espèces : toutes les espèces de poissons ont besoin de circuler pour accomplir leur cycle de vie : reproduction, alimentation, croissance. Or, la présence de seuils en travers des cours d’eau réduit leur possibilité de déplacement. La difficulté d’accès aux lieux de reproduction ou de croissance, et le manque d’échange génétique entre les groupes d’une même espèce réduit le renouvellement des populations, les possibilités de fuite en cas de problème et la résistance aux maladies.

Aujourd’hui, la restauration de la continuité écologique des cours d’eau est une des conditions pour atteindre le bon état des eaux et protéger la biodiversité.

A ce titre, un plan national a été lancé en 2009. Il en découle notamment un classement des cours d’eau, identifiant les rivières et tronçons de rivière prioritaires. Sur ces cours d’eau, les aménagements pour garantir la continuité écologique sont obligatoires pour les propriétaires des seuils.

Différentes solutions existent : supprimer l’ouvrage (solution la plus efficace), abaisser l’ouvrage (solution alternative liée à des contraintes techniques ou patrimoniales), aménager une passe à poissons (solution alternative mais coûteuse autant en investissement qu’en entretien et inefficace pour les aspects autres que la continuité piscicole). De nombreux retours d’expérience sont aujourd’hui disponibles.

Quelle prise en compte des usages existants ?

Une étude de faisabilité est réalisée en préalable à tout projet. Elle porte bien entendu sur les aspects hydrauliques (inondabilité, niveaux de nappe…), géotechniques, mais aussi sur l’environnement général de l’ouvrage et les usages qui y sont associés.

Pauline LÉPEULE, EPTB SD / Denis MONMARCHE, Syndicat Mixte de la Loue

Préservation des rivières et protection contre les inondations vont de pair

Fleuves, rivières, ruisseaux, torrents, rus… les cours d’eau sont des milieux vivants dans lesquels des espèces aquatiques et végétales vivent et se déplacent. Depuis leur source, ils transportent aussi des sédiments (roches, graviers, cailloux, sables…) qui contribuent à déterminer leur morphologie (berge, lits mineur et majeur, méandres…) et en font des lieux de vie.

Depuis des siècles, l’homme a modifié les cours d’eau – rectification du tracé, barrages, seuils, bétonnage des berges… – pour : développer l’agriculture et l’urbanisation, produire de l’énergie, créer des sources d’eau pour l’irrigation, se protéger des crues.

Cette détérioration de la morphologie et de l’hydrologie des cours d’eau (hydromorphologie) a des répercussions sur le fonctionnement des milieux aquatiques : elle entrave la dynamique naturelle de la rivière et altère la diversité et la qualité des habitats indispensables aux espèces vivantes.

Jusqu’alors, préservation des milieux aquatiques et protection contre les inondations étaient fréquemment considérés comme 2 objectifs différents. Or, les connaissances récentes montrent que redonner à nos rivières un fonctionnement naturel permet aussi de limiter les crues, de sécuriser les populations et d’améliorer la qualité de l’eau.

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la DREAL de bassin Rhône-Méditerranée vous présentent un film sur les 3 idées clés pour réussir la gestion de nos rivières : laisser plus d’espace à la rivière, freiner le débit de l’eau et gérer l’eau à l’échelle du bassin versant.

Recherches au long cours pour la Loue

Chacun se souvient des épisodes de mortalité piscicole dans les eaux de la Loue, qui avaient défrayé la chronique au tout début de la décennie. Un sujet de préoccupation pour les autorités gestionnaires du territoire comme pour les scientifiques, qui depuis longtemps s’intéressent à la qualité des eaux comtoises.

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