Archives pour la catégorie rivières

Vidéo : le Doubs à MOUTHE retrouve son premier méandre

Cette fin août, le Doubs a retrouvé son premier méandre, à l’aval de la source. Des travaux anciens avait privé la rivière de ce méandre dans la tourbière du Moutat.

La restauration de ce premier méandre s’inscrit dans un projet de restauration globale de la tourbière, grâce au programme LIFE « Tourbières du jura ».

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Et retrouvez en cliquant ici toutes les actualités du programme LIFE « Tourbières du Jura ».

Diagnostic multi-agent pour les rivières comtoises

L’eau, le sol, le sous-sol, c’est à un écosystème considéré au sens large que s’intéressent les spécialistes du laboratoire Chrono-environnement pour comprendre les mécanismes de dégradation de la Loue, et plus généralement des rivières comtoises. Une telle démarche exige la contribution de différents spécialistes : hydrobiologistes, écotoxicologues, pédologues, chimistes et hydrogéologues retroussent leurs manches et chaussent leurs bottes dans un même élan pour chercher des explications à une situation confuse, et tenter d’y remédier dans la mesure du possible.

Les relevés et les analyses scientifiques l’ont prouvé : la bonne santé des rivières mise en avant par les analyses d’eau classiques n’est qu’apparente, la Loue et les cours d’eau comtois souffrent. Ce ne sont pas les milliers de poissons morts au cours des deux dernières décennies qui diront le contraire, pas plus que les gammares, ces minuscules crevettes d’eau douce habituellement présentes dans les fonds aquatiques, décimées par la pollution.

Le diagnostic des scientifiques est sans appel, il s’appuie sur l’analyse des sédiments, des matières en suspension dans l’eau, et de l’eau elle-même bien sûr, selon les méthodes les plus fines. Il conclut à une minéralisation de l’eau avec une présence marquée de bicarbonates et de calcium ; il met en évidence une augmentation notable de l’azote, et de différents agents biocides, notamment des insecticides, dans les rivières, ainsi qu’une minéralisation accrue de la matière organique des sols. Une combinaison de transformations dont on sait qu’elles ne peuvent manquer d’influer négativement sur la santé et l’équilibre des cours d’eau, et qui aujourd’hui sont identifiées, caractérisées et quantifiées très précisément.

Du sol jusqu’à l’eau, de nombreux facteurs en jeu

François Degiorgi, hydroécologue, Pierre-Marie Badot, écotoxicologue et Éric Lucot, pédologue, tous trois chercheurs au laboratoire Chrono-environnement et enseignants à l’université de Franche-Comté, mènent avec leurs équipes des recherches d’envergure, inscrites à des programmes soutenus par l’Agence de l’eau, la région Bourgogne – Franche-Comté et le Conseil départemental du Doubs.

« Notre hypothèse est celle d’une déstabilisation des sols, qui entraînerait, au moins en partie, les modifications que nous avons pu diagnostiquer dans les rivières. »

En Franche-Comté, de nombreux sols sont minces, donc vulnérables, et l’adoption de pratiques agricoles plus intensives ces dernières décennies a pu contribuer à mettre à mal leurs équilibres biologiques et chimiques, une situation vraisemblablement favorisée par la mise en culture de surfaces autrefois en herbe. Ces modifications pédologiques faciliteraient les transferts de forme minérale de l’azote et de contaminants chimiques vers les cours d’eau, par l’intermédiaire du karst composant notre paysage.

« Les résultats obtenus montrent par exemple la présence fréquente dans les cours d’eau de pyréthrinoïdes, des insecticides de synthèse dérivés du pyrèthre, dont la toxicité sur la faune aquatique s’est révélée plus élevée qu’annoncé au départ. »

Rechercher les causes du dérèglement de l’écosystème oriente aussi vers d’autres pistes, comme la pollution par les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Si leur présence est avérée dans les eaux comtoises, quelle est leur origine ? Atmosphérique ou terrestre ? Les HAP pourraient être entraînés du bitume des routes et des parkings vers les rivières, une hypothèse qui va faire l’objet des prochaines investigations de l’équipe.

« Ce que nous savons d’ores et déjà, et de façon formelle, c’est qu’il n’y a pas une seule source de pollution ou une responsabilité unique. La réalité des causes comme des effets est multiple, et demande à être considérée dans toute sa complexité », souligne François Degiorgi.

 

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Retrouvez cet article sur le site de l’Université de Franche-Comté en cliquant ici

Objectif réduction des toxiques : 700 entreprises prioritaires

Le Syndicat Mixte de la Loue, le Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques du Haut-Doubs, la Chambre du Commerce et de l’Industrie du Doubs (CCI 25) et avec la participation financière de l’Agence de l’Eau Rhône – Méditerranée – Corse, du Syndicat des Eaux de la Haute-Loue, de la ville de Besançon et de la Fédération de pêche du Doubs, se sont associés pour porter l’opération collective Action Loue, sur les territoires du Haut-Doubs et de la Haute-Loue.

Les principaux objectifs :

  • Connaître, suivre et réduire le flux de pollutions toxiques issues des effluents non domestiques qui sont déversés dans les réseaux d’assainissement.
  • Améliorer le stockage et la collecte des déchets dangereux.
  • Sensibiliser les entreprises aux bonnes pratiques environnementales.

Carte opération toxiques HD HL

 

Dans ce cadre, les animateurs de l’opération effectuent des visites en entreprise afin d’évaluer si les établissements présentent un risque potentiel de pollution pour le milieu naturel ou un risque de dysfonctionnement pour le réseau d’assainissement et/ou la station d’épuration.

L’opération Action Loue valide jusqu’en fin 2018, cible en priorité 700 entreprises, selon leur secteur d’activité et/ou leur zone géographique. Cependant, plus de 1700 entreprises sont concernées par l’opération, dont ces dernières peuvent également bénéficier des avantages proposés par l’opération.

Parmi ces avantages, les établissements peuvent bénéficier d’aides financières de la part de l’Agence de l’Eau Rhône – Méditerranée – Corse (de 30% à 60% selon la problématique et/ou de la taille de l’entreprise). Les 2 syndicats mixtes et la CCI sont donc à disposition des entreprises pour vérifier leur éligibilité et leur apporter un appui nécessaire à la constitution du dossier.

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Logo AERMC_Fond Bleu  SIEHL  FD25  Ville de Besançon

 

Contacts :

Camille Butin (SMIX Loue) au 03.81.57.13.44 ou

Julien Febvay (CCI du Doubs) au 03.81.25.25.68

Restauration de la Morte à la Cluse-et-Mijoux : un projet vertueux reconnu par l’Agence de l’eau

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a lancé en 2015 l’appel à projets « renaturer les rivières et lutter contre les inondations » à l’attention des syndicats de bassin versants et des intercommunalités. Clôturé en juin 2016, 66 dossiers ont été retenus, dont le projet de restauration de la Morte à la Cluse-et-Mijoux, s’accompagnant d’un taux d’aide exceptionnel de 80 % contre 50% habituellement.

L’objectif affiché de l’appel à projet est clairement d’encourager les gestionnaires à initier des projets qui préfigurent l’exercice de la future compétence GEMAPI : associer restauration des cours d’eau et lutte contre les inondations en ménageant plus d’espace à la rivière et en permettant le ralentissement des écoulements.

La caractère vertueux de ce type de projet consiste en ce que les actions de restauration morphologique du cours d’eau permettent à la fois d’augmenter l’attractivité de la rivière et de ses zones humides associées pour les espèces y vivant, et à la fois d’apporter un réel gain en matière de lutte contre les inondations en favorisant le ralentissement des eaux de crue et en leur permettant de s’étaler dans des zones d’expansion dédiées.

Le projet de restauration de la Morte porté par le Syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs répond à ces deux enjeux.

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Fortement rectifié au moment de la construction de la voie ferrée qui traverse la cluse-et-Mijoux, le cours d’eau a été amputé du 1/3 de son linéaire. Une partie des zones humides ont ensuite été asséchées pour l’aménagement d’un lotissement. Le résultat est qu’en plus de rendre le cours d’eau beaucoup moins intéressant en termes d’habitats pour les espèces, cette situation a augmenté le risque d’inondation en favorisant des crues plus violentes de par leur rapidité et l’impossibilité pour les eaux de s’étaler dans des espaces privilégiés.

Le projet doit donc répondre à cette double problématique en reprenant  les méandres historique de l’ancien tracé et en resserrant le lit du cours d’eau. Techniquement, la Morte pourra ainsi réajuster son gabarit en période de crue et remobiliser des matériaux dans le cours d’eau. La fonctionnalité des milieux humides en sera augmentée, ainsi que l’habitabilité du cours d’eau par les espèces qui y vivent. En effet la hauteur d’eau du ruisseau aujourd’hui d’une dizaine de centimètres en période sèche sera alors de 30 à 40 centimètres.

Le Drugeon entre Vaux et Bonnevaux labellisé « rivière en bon état »

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse décerne son label 2016 « rivière en bon état » à 15 nouvelles rivières, dont la partie amont du Drugeon. Ce label récompense les gestionnaires des rivières qui agissent pour l’atteinte du bon état écologique de leurs cours d’eau et souligne l’amélioration permise  par des  actions mises  en  place pour redonner  un fonctionnement naturel  au  cours  d’eau, permettre  la  circulation  des  poissons  et  des  sédiments  et préserver les zones humides, mieux  partager  la ressource  entre  usagers  et  milieux  aquatiques, réduire  les  pollutions.

Pour rappel, la vallée du Drugeon a connu de lourds travaux d’aménagement hydraulique entre la fin des années 50 et le début des années 70. Les marais et les tourbières ont ainsi été asséchés par la rectification et le curage du Drugeon et de ses affluents ainsi que par le drainage des parcelles riveraines.

Ces travaux avaient pour objectif de transformer plus de 2000 hectares de zones humides en terres arables. Au final, ils n’ont permis de gagner que 200 ha de terres alors que le linéaire du cours d’eau a été réduit de 8 km sur une totalité de 35 km.

Ces modifications du milieu ont conduit à l’incision du lit et à la dégradation des habitats aquatiques, l’étalement et le réchauffement de la lame d’eau favorisant de fait le développement des algues et la réduction des biocénoses. Les effectifs de poissons se sont effondrés, les grands plécoptères et les écrevisses à pieds blancs ont totalement disparu.

A partir de 1997, des travaux portés par la Communauté de communes Frasne Drugeon puis par le Syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs dans le cadre du programme LIFE Sauvegarde du bassin du Drugeon ont permis de regagner 7 kilomètres de méandres. Environ 300 hectares de zones humides et de pelouses sèches ont été reconquis. Les suivis montrent une forte amélioration de la qualité des habitats du cours d’eau.


Portion labellisée « rivière en bon état »

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Le tronçon labellisé « rivière en bon état » est situé sur le territoire de la commune de Bonnevaux, entre Vaux-et-Chantegrue et le pont du lieu-dit Les Jointes Noires en amont de Bonnevaux. Cette portion a bénéficié d’ambitieux travaux de restauration en 1997. Le linéaire concerné est de 3,78 Km. Les travaux visaient à restaurer totalement les fonctionnalités hydromorphologiques du cours d’eau. Ainsi, les anciens méandres ont été remis en eau, à l’altitude originelle du fond du lit, avec un gabarit adapté à l’énergie spécifique du cours d’eau, permettant ainsi son auto-ajustement.

Dans le cadre du suivi scientifique et technique de l’impact des travaux de restauration du Drugeon, le SMMAHD évalue régulièrement la capacité du cours d’eau à accueillir le poisson à l’aide du protocole IAM (Indice d’Attractivité Morphodynamique). Ce suivi montre qu’après travaux, le tronçon est très proche des références attendues pour ce type de cours d’eau.