Archives de catégorie : zones humides

JOURNEE ECO-AQUATIQUE

L’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue sera présent ce samedi 17 juillet à la base nautique des Grangettes pour la journée éco-aquatique.

Venez nous rencontrer pour discuter du programme LIFE Tourbières du Jura, de l’extension du site Ramsar Tourbières et lacs de la montagne jurassienne, ou encore des spécificités hydrologiques, biologiques et géologiques du Haut-Doubs !

A samedi !

LA TOURBIERE DES BARBOUILLONS SE REMET EN EAU !

Dans la réserve naturelle régionale de la Seigne des Barbouillons à Mignovillard (39), l’EPAGE a lancé l’un des derniers chantiers du programme LIFE tourbière du Jura : la neutralisation de plus de 600 mètres linéaires de fossés de drainage dans ce petit bijou de tourbière.

L’entreprise FCE, mandatée pour opérer avec toutes les précautions nécessaires à la fragilité du site, pose des barrages en bois, en madriers et en argile, pour mieux conserver l’eau dans la tourbière et la ré-orienter dans le marais qui avait été asséché par l’exploitation de la tourbe et les remembrements.

Ce chantier d’un peu plus de 38 000€, permet de poser 24 barrages et des aménagements pour une exploitation agricole plus compatible avec la conservation du sol tourbeux, précieux pour l’eau, la biodiversité et le stockage de carbone.

Colloque international de restitution du programme européen Life tourbières du Jura / 20 mai 2021

Le programme LIFE se termine à l’automne 2021.
Un séminaire en distanciel sous le format d’une web-émission vous est proposé le Jeudi 20 mai 2021 pour faire le point sur toutes les réalisations de ce programme de restauration des tourbières
du Haut-Doubs et du Haut-Jura.

Vous pouvez dores et déjà vous y inscrire ici :
INSCRIPTION COLLOQUE 20 MAI

Un Rendez-Vous à ne pas manquer !

EXTENSION DE LA LABELLISATION DU SITE RAMSAR « TOURBIERES ET LACS DU MASSIF DU JURA »

Le 02 février 2021, à l’occasion des Journées mondiales des zones humides, ce patrimoine emblématique de la montagne jurassienne rejoindra le réseau des 50 sites labellisés Ramsar en France. Une reconnaissance internationale Ramsar pour un patrimoine naturel d’exception, qui intervient alors que la convention internationale Ramsar fête ses 50 ans.

Tourbières et lacs d’altitude marquent l’imaginaire de la montagne jurassienne. Refuges d’une biodiversité rare et remarquable, ces zones humides jouent aussi un rôle primordial dans la préservation de la ressource en eau et dans l’adaptation au changement climatique.

Cette reconnaissance vient surtout souligner le souhait de 52 communes du Haut-Jura et du Haut-Doubs de valoriser leur patrimoine naturel à l’échelle internationale, de manière collective, pour un site à l’échelle du massif, de Pontarlier à Saint-Claude. Elle montre aussi leur volonté de continuer à préserver ces joyaux du territoire.

Film de présentation de l’officialisation de l’extension du site Ramsar « Tourbières et lacs de la montagne du massif du Jura » – 2 Février 2021

Labellisation Ramsar : de quoi parle-t-on ?

Ramsar est le nom d’une convention internationale adoptée le 2 février 1971 (dans la ville de Ramsar en Iran) pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.

Unique au monde dans la mesure où elle porte sur un seul écosystème, en l’occurrence les milieux humides, elle vise à enrayer leur dégradation ou disparition, en reconnaissant leurs fonctions écologiques, ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative. Par ailleurs, la convention Ramsar sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale.

Plus précisément, la Convention de Ramsar lutte pour prévenir, faire cesser et inverser la perte et la dégradation des zones humides.
Avec les parties contractantes, ses partenaires et les Organisations Internationales Partenaires (OIP), elle :

  • Encourage les politiques et les plans d’aménagement du territoire qui tiennent compte des questions relatives aux zones humides
  • Suscite l’intérêt du public pour les avantages et services procurés par les zones humides
  • Veille à attirer d’importants investissements pour mieux sensibiliser en collaborant avec des acteurs du secteur privé
  • Forge des alliances entre le secteur privé et le secteur public pour inverser la perte et la dégradation alarmantes des zones humides
  • Développe les sources de financement pour la conservation et la gestion des zones humides.

2 414 sites sont labellisés Ramsar dans le Monde
dont 50 sites Ramsar en France.

Tobias Salathé, délégué Europe du bureau international de la Convention de Ramsar souhaite la bienvenue à notre site « Tourbières et lacs de la montagne jurassienne » au sein du réseau Ramsar.

Une extension du label à l’échelle du massif du Jura

Jusqu’à ce jour, il existait un seul site labellisé Ramsar en Bourgogne Franche-Comté (sur 50 sites en France), le Bassin du Drugeon (labellisé en 2003). Situé dans le Doubs, il s’étendait sur 12 communes (5 978 ha) entre Pontarlier et Frasne. 

La Communauté de communes Frasne-Drugeon, à l’initiative de cette reconnaissance, a depuis transféré sa compétence zones humides et milieux aquatiques à l’EPAGE (Etablissement Public d’Aménagement et de Gestion de l’Eau), qui en est l’animateur et le gestionnaire principal.

Le Parc Naturel Régional du Haut-Jura et l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue sont engagés dans le programme LIFE « tourbières du Jura », avec d’autres partenaires régionaux :
– Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Franche-Comté, en tant que coordinateur
– L’Association de gestion de la Réserve naturelle du lac de Remoray
– La DREAL Bourgogne Franche-Comté
– Le Syndicat Mixte du Dessoubre.

L’ampleur de ce programme LIFE, qui a permis de restaurer près de 60 tourbières en Franche-Comté entre 2014 et 2021, a favorisé une dynamique collective du territoire autour des tourbières et de la restauration des zones humides.
Les actions concrètes menées ont abouti à une réelle prise de conscience des élus face aux enjeux qui pèsent sur ces milieux, en lien notamment avec la conservation de la biodiversité, les impacts potentiels du changement climatique et la préservation de la ressource en eau.

Suite au séminaire national Ramsar organisé en 2017 à Labergement-Sainte-Marie (Doubs), plusieurs communes ont souhaité valoriser leur patrimoine naturel au travers de cette reconnaissance internationale.

Après un travail d’animation et de concertation du Parc et de l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue, ce sont 40 nouvelles communes* qui ont affirmé leur volonté de rejoindre le site Ramsar, en plus des 12 de l’actuel site du Drugeon marquant un véritable élan collectif en faveur de la préservation des tourbières, milieux emblématiques du massif du Jura.

*Les communes sont citées en fin d’article

Le premier site de montagne du réseau RAMSAR en France :
12 sites Natura 2000,
12 grands ensembles de tourbières,
18 lacs naturels.

Le site Ramsar « Tourbières et lacs de la Montagne jurassienne » s’appuie principalement sur 12 sites Natura 2000 du Haut-Doubs et du Haut-Jura sur une surface totale de 12 134 ha. Il intègre 125 tourbières. Cela représente 36 % de la surface recensée dans le massif jurassien (Suisse et Ain compris) et 66 % de la part franc-comtoise.

De manière exhaustive, les zones suivantes sont intégrées dans le périmètre du site :

    • Les zones humides du bassin du Drugeon (25)

    • Les tourbières de Malpas (25)

    • La tourbière de La Cluse-et-Mijoux (25)

    • Les tourbières et zones humides du bassin du lac de Remoray (25)

    • Les tourbières du Haut-Doubs (Mouthe et les Combes derniers 25)

    • Les tourbières de Chapelle-des-bois/Bellefontaine (25-39)

    • Les tourbières du complexe des 7 lacs (39)

    • Les tourbières des Foncines (39)

    • Les tourbières du Grandvaux et Combe du Nanchez (39)

    • Les tourbières des Prés de Valfin, du Loutre et environs (39)

    • Les tourbières de la vallée de l’Orbe (39)

    • Les tourbières de la Combe du lac (39)

Il intègre également un ensemble de 18 lacs naturels soit l’essentiel des lacs naturels au-dessus de 800 m d’altitude du massif, pour un total de 1 051 ha :

    • Lac de Bouverans (25)

    • Lac Saint-Point (25)

    • Lac de Malpas (25)

    • Lac de Remoray (25)

    • Lac du Trouillot (25)

    • Lac des Mortes (25-39)

    • Lac de Bellefontaine (39)

    • Lac à la Dame (39)

    • Lac de Fort-du-Plasne (39)

    • Lac des Rouges Truites (39)

    • Lac d’Ilay (39)

    • Lac de Narlay (39)

    • Lac du Vernois (39)

    • Lacs du Petit et Grand Maclu (39)

    • Lac de Lamoura (39)

    • Lac de l’Abbaye (39)

    • Lac des Rousses (39)

Au-delà de la reconnaissance, des enjeux forts pour le territoire

Reconnaissance internationale de la qualité des milieux humides, le label Ramsar est aussi un outil d’animation et de gestion coordonnée des actions en faveur de la préservation de ces zones humides.
L’extension du site Ramsar répond donc à des enjeux majeurs à l’échelle des montagnes du Jura, tant en termes de biodiversité, de gestion de la ressource en eau, de paysages que d’adaptation au changement climatique.

  • Une biodiversité rare et unique

Le nouveau site Ramsar représente le plus grand ensemble français de complexes de bas-marais alcalins et de haut-marais de montagne. Il ne constitue pas en tant que tel un « hotspot » de biodiversité, mais compte-tenu de la spécificité de ces milieux (tourbe + montagne + réseau hydrologique important et connectif entre petits et grands systèmes (lacs)), les espèces présentes y sont « super-adaptées », et d’autant plus menacées par les évolutions en cours (impacts anthropiques et changements climatiques).

Le maintien d’un réseau dense et connecté de milieux humides, tourbeux ou non, et aquatiques est la seule garantie de maintien de ces espèces. C’est indispensable pour certaines espèces à l’accomplissement de leur cycle de vie, mais c’est indispensable également car certaines espèces seront amenées à se déplacer avec le changement climatique.

Par ailleurs, le site abrite des espèces rares, que l’on ne trouve en France que dans le site Ramsar : une plante, la Saxifrage œil-de-bouc (Saxifraga hirculus) ; un oiseau, l’Aigle pomarin (Clanga pomarina) ou encore un escargot, le Vertigo édenté (Vertigo genesii).  

  • Un stock de carbone à conserver

Les tourbières constituent un stock de carbone dont il faut éviter le relargage dans l’atmosphère. Le site, en l’état actuel de nos connaissances encore incomplètes, représente 1896 ha de zones tourbeuses.

Aussi, évalué sur une moyenne de 2 m de profondeur, cela représente un stock de carbone de 2 660 000 t de carbone (1400t/ha/2m d’épaisseur moy. – Roßkopf et al., 2015).

Maintenir l’équilibre écologique des tourbières, c’est conserver ce stock dans le sol et éviter qu’il ne soit relargué dans l’atmosphère sous forme de gaz à effets de serre.

  • Des alliées pour atténuer les impacts du changement climatique

Les milieux humides en général jouent un rôle de tampon hydrologique lors d’évènements extrêmes (sècheresses, crues), de plus ou moins grande efficacité selon la nature des zones humides. La préservation de grandes surfaces de zones humides préservées constitue des zones de réserve pour l’étalement des crues

Pour plus d’éléments sur ce sujet, vous pouvez consulter une fiche d’information réalisée pour l’ADEME « Réhabiliter les tourbières du Jura pour s’adapter aux changements des régimes hydriques » – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/ademe-fiche-haut-jura-1107-bd.pdf

  • Des paysages emblématiques

Les vallées jurassiennes, parsemées de lacs, petits cours d’eau et tourbières complètent les monts boisés dans la reconnaissance locale et constituent en tant que tel un patrimoine paysager remarquable. Certaines zones bénéficient par ailleurs d’une inscription ou d’un classement au titre du patrimoine paysager.

Périmètre du site Ramsar « Tourbières et lacs de la Montagne jurassienne »

LISTE DES COMMUNES

  • Communes issues de l’ancien site Ramsar du Bassin du Drugeon (25)

Bulle

La Rivière Drugeon

Sainte Colombe

Les Granges Narboz

Houtaud

Chaffois

Frasne

Vaux et Chantegrue

Dompierre les Tilleuls

Bouverans

Bonnevaux

Bannans

  • Communes intégrées dans le nouveau site Ramsar « Tourbières et lacs de la Montagne jurassienne »

Bellefontaine – 39

Bief du Fourg – 39

Bois-d’Amont – 39

Boujailles – 25

Brey-et-Maison-du-Bois – 25

Chapelle-des-bois – 25

Chaux-du-Dombief – 39

Foncine-le-Bas – 39

Foncine-le-Haut – 39

Fort-du-Plasne – 39

Gellin – 25

Grande-Rivière-Château – 39

La Chaumusse – 39

La Cluse et Mijoux – 25

La Planée – 25

La Rixouse – 39

Labergement-Sainte-Marie – 25

Lac des Rouges Truites – 39

Lamoura – 39

Le Frasnois – 39

Les Fourgs – 25

Les Grangettes – 25

Les Pontets – 25

Les Rousses – 39

Les Verrières de Joux 25

Les Villedieu – 25

Malbuisson – 25

Malpas – 25

Mignovillard – 39

Montperreux – 25

Mouthe – 25

Nanchez – 39

Oye et Pallet – 25

Prémanon – 39

Reculfoz – 25

Remoray/Bougeons – 25

Rochejean – 25

Saint-Claude – 39

Saint-Laurent-en-Grandvaux – 39

Saint-Point-Lac – 25

Lien vers le site internet de Ramsar France :
https://www.ramsar.org/fr/zone-humide/france

chantier de défrichement manuel de la tourbière du Varot à Bonnevaux

En ce mois d’octobre, le chantier de défrichement manuel de la tourbière du Varot à Bonnevaux a commencé. C’est l’entreprise de travaux forestiers Laurent Mathieu, de Frasne, qui a été retenue pour la réalisation des travaux.

Ce chantier est réalisé dans le cadre du contrat Natura 2000 de maintien de milieux humides ouverts du site Natura 2000 du bassin du Drugeon, porté par l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue et financé par l’Etat et l’Union européenne.

Cette tourbière de haut-marais, qui émerge au bout du lac de Bouverans, a été anciennement exploitée pour sa tourbe. Le drainage occasionné en bordure de tourbière provoque un enfrichement prématuré du site.

Le but du chantier est donc de maintenir un site favorable aux espèces spécifiques de milieux humides ouverts et semi-ouverts, en coupant les rejets de bouleaux et autres ligneux, dont le développement conduirait à terme à la reconquête de cette zone humide par des espèces de port haut, induisant à terme une fermeture du milieu sous la forme d’un climax forestier, et limitant les capacités de stockage en eau, propres aux substrats tourbeux.

Toutes les opérations sont conduites manuellement, à la débroussailleuse et tronçonneuse, car aucun engin ne peut pénétrer sur ce site aux sols fragiles et peu portants. Cet entretien adapté permet d’autant plus de préserver les espèce végétales et animales particulières qui s’y développent.
Les rejets éliminés sont mis en tas sur place et constitueront de bons abris pour la faune, entre autre pour les reptiles inféodés à ce type de milieu.

Zones périphériques tourbeuses à maintenir ouvertes pour la conservation des espèces spécifiques et du fonctionnement hydrologique.
Les tourbières et milieux humides associés sont à préserver, notamment pour leur capacité de stockage d’importantes quantités d’eau. Ils constituent en effet des éponges, permettant de réguler la circulation des eaux, ainsi que des zones de stockage essentiels pour maintenir l’eau sur les territoires et la restituer lentement.
Le maintien du fonctionnement hydrologique de ces milieux humides est d’autant plus important pour pallier aux sécheresses et au réchauffement climatique.
Fadet des tourbières (Coenympha tullia) / © Maltese-Crottier K., EPAGE 2017


Camille Barbaz
Amélie Barbier-Dodane