ARRÊTÉ Sécheresse du 18 Septembre 2020 : Passage au niveau crise

Le seuil de crise de niveau 3 étant atteint, les usages de l’eau sont soumis à des restrictions supplémentaires à celles des précédents arrêtés d’alerte de niveau 1 et 2, du 17 juillet et du 4 août 2020, et ce, sur l’ensemble du territoire des communes du département du Doubs. Le niveau 3 de Crise concerne toute la Franche-Comté.

Le déficit chronique de précipitations a généré la baisse généralisée des niveaux des cours d’eau et des nappes du département, l’arrêté de crise a dû être pris. 

Il est ainsi nécessaire de renforcer les actions d’économie de la ressource afin d’éviter tout gaspillage, de préserver la vie aquatique et prévenir la situation future.

Situation nationale au 18 septembre 2020

http://propluvia.developpement-durable.gouv.fr/propluvia/faces/index.jsp

Sont notamment interdites les activités suivantes :

– l’arrosage des végétaux, publics et privés. Seuls les potagers peuvent être arrosés entre 20h et 8h, uniquement sur une réserve d’eau de pluie

– le lavage des véhicules hors des stations professionnelles (lavage haute-pression sur une file)

– le remplissage des piscines privées existantes

– le lavage des voiries, sauf impératif sanitaire

– la lavage des terrasses, toitures et façades, sauf impératif sanitaire

– l’arrosage des pistes de chantiers est limité au strict nécessaire

– les fontaines publiques doivent être fermées lorsque cela est techniquement possible

– l’irrigation agricole par aspersion.

Concernant les plans d’eau, leur vidange et remplissages sont interdits.

Plaquette_Sécheresse_DDT25

Pour consulter l’arrêté de Crise sécheresse Niveau 3 en détail :
Arrêté préfectoral portant restriction des usages de l’eau – 17 09 2020

Economiser l’eau : oui, mais pourquoi ?

Outre les économies d’eau à la clé, qui sont aussi sources d’économies d’argent étant donné les factures qui y sont associées, chaque geste d’utilisation efficace de l’eau permet de réduire les pompages dans les milieux naturels, que ce soient les rivières ou les nappes phréatiques, et donc de préserver l’état de nos stocks d’eau, qui sont en situation critique depuis plusieurs années.

Concernant spécifiquement la biodiversité des cours d’eau, l’abaissement des niveaux d’eau est un danger de jour en jour : poissons et macro invertébrés ne peuvent survivre dans des eaux stagnantes, et atteignant des températures excessives.

On peut prendre en exemple cet article de l’Est Républicain du 6 Aout 2020, qui reste toujours d’actualité à ce jour :

Pêche de sauvetage dans le Doubs : « Un égout à ciel ouvert »

Tous concernés par les économies d’eau !

Dans ce contexte de tension sur l’état des ressources naturelles en eau, lié au manque de précipitations, chacun doit veiller à économiser l’eau dans ses activités quotidiennes, qu’elles soient domestiques, industrielles ou agricoles.

Pour les habitants, une fiche astuce sur les gestes d’économie d’eau est disponible sur notre site et donne des idées et pistes d’actions (Fiche technique 1 Économiser l’eau), ainsi qu’une fiche astuce concernant la récupération d’eau (Fiche technique 3 récupération d’eau pluviale), auxquelles on peut ajouter de nombreuses astuces et les partager autour de soi, comme par exemple :

A la cuisine :

  • Garder les eaux de lavage des légumes, salades, et les eaux non savonneuses pour arroser au potager après 20 h, les chaleurs étant en effet moins importantes le soir, l’arrosage est plus efficace et les végétaux en tirent bénéfice toute la nuit,

A la salle de bain :

  • Arrêter les robinets : pendant les lavages de mains, brossage de dent, etc,
  • Arrêter la douche lors du savonnage,
  • Eviter les bains, fortement consommateurs d’eau,
  • Si possible limiter le nombre de chasses d’eau journalières au WC, qui constituent aussi une part importante de la consommation d’eau quotidienne.

Au potager :

  • Afin de préserver l’humidité du sol et réduire le très fort assèchement : pailler systématiquement les cultures à l’aide de tontes de gazon, de paille, de feuilles mortes, de bois fragmenté (sauf écorces de pin, car trop acides pour nos sols et cultures) ;
  • Favoriser les plantes couvre-sol pour éviter les zones de sol nu qui accélèrent le dessèchement de la terre,
  • Pour les serres, il est possible de limiter les surchauffes en réduisant l’arrivée des rayons solaires par ombrage, ce qui permet de réduire l’effet de serre et l’augmentation des températures, ainsi que l’évaporation de l’eau à l’intérieur.
    Ce type de dispositif permet de réduire les besoins en arrosage et leur fréquence. Pour cela, il est possible de les couvrir d’un filet d’ombrage ou de les peindre en blanc avec une peinture naturelle au lait de chaux ou à base d’argile.
    A noter que lors des périodes de fortes chaleurs et de sécheresse, les végétaux sont en état de stress et végètent : la croissance et le murissement sont freinés, on constate par exemple que les tomates peinent à murir, un dispositif d’ombrage peut donc être bénéfique.

Pour les pelouses :

  • On évite de tondre assez tôt dans la saison, soit avant que les chaleurs ne commencent, et on conserve l’herbe avec une hauteur suffisante. Elle pourra ainsi mieux survivre aux fortes chaleurs en s’ombrant elle-même, ce qui permet aussi de préserver l’humidité encore présente dans le sol.
  • Lors des tontes à partir de mai, on coupera le plus haut possible afin de maintenir une herbe vigoureuse et dense (régler la hauteur de coupe sur la tondeuse au plus haut).                                       
    En effet, plus on tond court et plus l’herbe meurt rapidement aux premières chaleurs, laissant le sol à nu et ne pouvant plus exercer son rôle de rétention d’eau, car en plein soleil toute la journée.

Pour les vergers :

  • On reporte les tontes à la fin de l’été, afin de préserver une herbe verte qui ombre le sol et préserve son humidité, pour favoriser la survie des arbres fruitiers durant ces périodes difficiles. De même que pour les pelouses, on limite les tontes à partir de mai, et on laisse l’herbe pousser haut, afin de laisser grainer les fleurs et favoriser la biodiversité.  

Préserver les arbres :

  • Lorsque l’on se promène en forêt, malgré la sécheresse et la chaleur, on se rend évidemment compte qu’il y fait plus frais à l’ombre de ces grands arbres, leur ombre participe fortement à la limitation du dessèchement des sols.
  • Force est de constater les bénéfices d’ombrages que procurent les arbres : tant pour préserver la pousse de l’herbe, que pour le confort de chacun, tant humains qu’animaux. Il est donc essentiel de protéger les arbres, en évitant toutes coupes. On évite aussi les tailles, particulièrement pendant les périodes de sécheresse.
    A noter que dans les zones ombragées par des arbres, telles que les vergers et parcs, l’herbe arrive à rester verte durant les sécheresses, alors que les surfaces au soleil sont rapidement brulées.
  • De plus, la plantation et la préservation des arbres dans les villes et villages et autour des maisons, permet de créer des zones de fraicheur, ainsi que de limiter les surchauffes des habitations quand ils ombrent les façades, notamment côté sud et ouest.

Économisons l’eau donc ! …

Suivi Milan royal : Bilan 2020 de la reproduction

Le Milan royal (Milvus milvus) est un rapace emblématique des plateaux herbagers du massif jurassien (crédit photo: Frédéric Ravenot)

Volontiers charognard, ce rapace capture également de nombreux rongeurs (campagnols notamment lors des pullulations). Ce rapace protégé en France et d’intérêt européen (inscrit à l’annexe I de la directive « Oiseaux ») bénéficie d’un statut de conservation qui reste préoccupant à l’échelon national. Par conséquent, dans le cadre du Plan National d’Actions en faveur du Milan royal, il fait l’objet d’un suivi régulier en période de reproduction sur une partie du territoire de l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue.

Deux secteurs sont suivis tout particulièrement depuis plusieurs années : il s’agit des sites Natura 2000 des vallées de la Loue et du Lison (350 km2) et du bassin du Drugeon (150 km2).

En 2020, 32 couples nicheurs ont été suivis durant la période de nidification. Au moins 25 couples se sont reproduits avec succès produisant un minimum de 33 jeunes à l’envol, soit un taux de reproduction moyen minimum de 1,32 jeunes par couple.

L’année 2020 reste globalement une bonne année pour la reproduction du Milan royal, en raison notamment d’un printemps relativement doux et sec durant la période critique de la couvaison et de l’éclosion des jeunes.

L’évolution du nombre de couples nicheurs depuis le début des suivis il y a une dizaine d’années est globalement stable, voire légèrement à la hausse.

Malgré une sensibilisation importante engagée depuis de longues années auprès des propriétaires et des gestionnaires forestiers, les travaux forestiers durant la période de reproduction du Milan royal restent la principale cause de dérangement identifiée.
A savoir que la période de reproduction du Milan royal débute mi-février pour un envol des jeunes fin juillet.
Une vigilance particulière devra être menée les années à venir au vu de l’évolution actuelle des forêts jurassiennes (dépérissements causés par les sécheresses et le développement des scolytes, …).

Emmanuel CRETIN
Lolériane SONVICO
Michel SAURET
Camille BARBAZ