Archives de catégorie : rivières

Suppression du seuil de l’Homelon sur la Loue

Le Syndicat mixte de la Loue a procédé à la fin du mois de septembre, à la suppression du seuil de l’Homelon ; petit barrage situé sur la Loue à l’aval de la ville d’Ornans.

La suppression complète de cet ouvrage fait suite à une longue réflexion entamée depuis 2010 par le Syndicat mixte de la Loue, visant à définir une stratégie d’intervention sur les barrages présents sur la rivière. La Loue est en effet jalonnée de nombreux barrages liés à d’anciens moulins (appelés également seuils) et dont certains n’ont plus aucun usage aujourd’hui.

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Le contexte du réchauffement climatique associé à la dégradation de la qualité de l’eau fait que la succession de ces ouvrages, mais surtout les retenues d’eau qu’ils génèrent (effet « plan d’eau »), peut aggraver une situation déjà dégradée du cours d’eau.

Sur la Loue, si l’on prend en compte l’incidence des barrages sur la rivière, c’est un linéaire cumulé estimé à 30 km qui est sous l’influence directe de ces ouvrages. A cela s’ajoute l’effet d’obstacle occasionné par le barrage lui-même pour le franchissement piscicole.

Fort de ce constat et en sa qualité de propriétaire du seuil de l’Homelon, le Syndicat mixte de la Loue a étudié la possibilité d’en réduire la hauteur ou de le supprimer. Après l’étude de ses effets sur la rivière et compte tenu de l’absence d’usages associés, mais également en l’absence d’infrastructure proche susceptible d’être menacée, le Syndicat mixte de la Loue a décidé de procéder à la suppression complète du seuil de l’Holemon ; suppression qui permettra à terme, la renaturation d’environ 600 à 700 mètres de rivière avec un type d’écoulement plus conforme à celui attendu d’un cours d’eau de 1ère catégorie piscicole.

Les travaux autorisés par arrêté préfectoral ont été réalisés fin septembre pour un coût de 27 000 € TTC, étude de projet comprise. En terme de financement, s’agissant de travaux consistant à la suppression complète d’un ouvrage, ceux-ci ont pu bénéficier d’un financement à hauteur de 100 % de l’Agence de l’eau (80%) et du Conseil départemental (20%).

Par ailleurs, ces travaux qui sont une première sur la Loue vont faire l’objet d’une évaluation après travaux (évolution de la morphologie de la rivière, du peuplement piscicole, insectes aquatiques et habitats aquatiques).

En terme de communication et afin de présenter les travaux effectués, le Syndicat mixte de la Loue a fait réaliser un petit film (en cours de finalisation). Il devrait être disponible et mis en ligne sur le site www.eaudoubsloue.fr en début d’année 2017.

Vous pourrez également relire l’article « Les effets des barrages sur le fonctionnement des rivières »

 

 

Les nappes et rivières du Doubs ont atteint un niveau critique en octobre 2016

Dans la mesure où ne sont pas prévues de pluies significatives à brève échéance, un arrêté de restrictions des usages de l’eau de premier niveau, adapté à la saison, est pris à partir du mardi 04 octobre sur l’ensemble du département du Doubs.

Après un début d’année 2016 extrêmement pluvieux, le département a connu un été sec et chaud, entrecoupé de quelques rares épisodes pluvieux. Les précipitations cumulées des mois de juillet et août sont très inférieures aux valeurs normales.

Le mois de septembre a également été déficitaire en précipitations sur la majeure partie du département, à l’exception du Haut-Doubs qui présente un peu d’excédent, suite aux récents orages de fin septembre. Les températures plus chaudes et le bon ensoleillement des trois derniers mois ont aussi contribué à faire chuter rapidement l’indice d’humidité des sols qui n’avait pourtant jamais été aussi élevé fin juin. Et même si les températures se rafraîchissent, la dégradation de la situation hydrologique, qui avait connu un répit après le week-end plus arrosé du 17 et 18 septembre, devrait donc se poursuivre.

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Le département passe donc en alerte cette semaine et un arrêté est pris par le Préfet pour mettre en place des restrictions d’usage. A cette période de l’année, le risque de difficultés d’approvisionnement en eau potable est moindre et l’accent est mis sur la préservation des milieux aquatiques fragilisés. A cette occasion, il est donc rappelé à chacun, citoyens et collectivités, la nécessité de maintenir une grande attention et d’éviter tout gaspillage d’eau, notamment :

• En limitant les prélèvements d’eau pour préserver les écoulements des rivières et l’écosystème qu’elles abritent,
• En évitant les usages non indispensables : fontaines d’agrément, arrosages de stades, de pistes ou de voiries, nettoyages de façades ou de toitures, nettoyage de voiture en dehors des ,stations recyclant l’eau, travaux pouvant être différés…
• En limitant les rejets dans les cours d’eau, qui ont un fort impact compte tenu des faibles débits, et en évitant les vidanges de plans d’eau

Dans la mesure où cela ne présente pas de risque au titre de la santé / sécurité publiques :

• Piscines publiques : en reportant les éventuelles vidanges et remplissage,
• Eau potable : en reportant le lavage des réservoirs. et plus généralement en adoptant un comportement responsable et économe en eau.

Cliquez ici pour télécharger l’arrêté n°25-2016-10-04-003 portant restriction provisoire des usages de l’eau : niveau d’alerte sur l’ensemble du département du Doubs

Construction d’une passe à poissons sur le site du seuil « Bellerive » à Lombard et Lavans-Quingey

Le seuil « Bellerive » situé sur la Loue à l’aval de Quingey, identifié comme un ouvrage infranchissable ou difficilement franchissable pour les espèces piscicoles présentes sur ce secteur de la Loue, vient de faire l’objet d’importants travaux d’aménagements.

Ces travaux, portés par le Syndicat mixte de la Loue et réalisés grâce au soutien financier de l’Agence de l’eau RM&C, du Département du Doubs et de la Région Bourgogne Franche-Comté, ont consisté à aménager une passe à poissons coté rive gauche de la rivière avec en parallèle, la création d’une glissière pour le franchissement des canoës-kayaks.

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Cette passe à poissons relevant des programmes d’actions du Contrat de territoire Haut-Doubs Haute-Loue  et du Plan National d’Actions en faveur de l’Apron (PNA), présente la forme d’une rampe en pente douce avec des plots régulièrement répartis. Cette configuration particulière permet à toutes les espèces de poissons (15 espèces différentes répertoriées sur ce secteur) de franchir le seuil « Bellerive » dont l’Apron du Rhône, espèce en danger d’extinction et strictement protégée.

Après 3 mois de travaux, les travaux engagés début juin sont aujourd’hui terminés. La passe à poissons a été mise en eau fin août.

Cet aménagement, avec d’autres déjà réalisés et/ou à l’étude, participera à l’amélioration du fonctionnement des milieux aquatiques en favorisant la circulation des espèces.

Retour du castor en moyenne Loue !

A l’heure où la biodiversité régresse à grands pas, le retour d’une espèce est toujours une bonne nouvelle !

Le Castor d’Europe (Castor fiber), espèce protégée et d’intérêt communautaire (inscrite à l’annexe II de la directive “Habitats“), a en effet recolonisé la Moyenne Loue à partir du bassin du Rhône et fréquente désormais l’amont de Chenecey-Buillon.

Rappelons que ce rongeur de taille imposante (longueur supérieure à un mètre chez l’adulte pour un poids moyen de 20 kg) se nourrit exclusivement de végétaux aquatiques et de tiges de bois tendres (saules, tremble, peupliers, etc,…) prélevés en bordure des cours d’eau.

La réhabilitation des bras morts, la restauration de la continuité écologique et la préservation des habitats rivulaires seront profitables à l’espèce.

Le milieu de vie du Castor est constitué par le réseau hydrographique de plaine et de l’étage collinéen. Par conséquent, la recolonisation de la Haute-Loue et du Pays de Courbet n’est plus qu’une affaire d’années…

Emmanuel CRETIN, Syndicat Mixte de la Loue

Les effets des barrages sur le fonctionnement des rivières

En France, plus de 60 000 ouvrages – barrages, écluses, seuils, moulins – sont recensés sur les cours d’eau. Ils constituent autant d’obstacles potentiels à la continuité écologique et engendrent souvent des coûts d’entretien importants pour la collectivité.


Qu’est-ce que la continuité écologique ?

Il s’agit de la libre circulation des poissons et des invertébrés, qui ont besoin d’accéder à différentes zones indispensables pour leur reproduction, leur croissance, leur abri… ainsi que le bon déroulement du transport des sédiments.


Les connaissances actuelles convergent vers la nécessité de rétablir cette continuité. En effet, la succession des ouvrages peut avoir, selon les cas, des effets néfastes sur le fonctionnement de la rivière :

  • “L’effet plan d’eau“: la retenue se formant à l’amont d’un seuil peut induire un ralentissement et une uniformisation de l’écoulement, une augmentation de la température, des proliférations d’algues (du fait de l’apport d’éléments nutritifs du bassin versant), une baisse de la quantité d’oxygène dissous dans l’eau, une évaporation plus forte des eaux stagnantes en période estivale et, en cas de dérivation des eaux, un débit réduit ou de brusques variations à l’aval.
  • Le blocage de la circulation des sédiments : les sédiments en provenance du bassin versant (limons, sables, graviers, galets,…) sont parfois bloqués en amont de l’ouvrage, déséquilibrant la dynamique naturelle. Il peut en découler la disparition de substrats abritant la vie aquatique et un creusement du lit et/ou des berges en aval de l’ouvrage.
  • Des difficultés pour le déplacement des espèces : toutes les espèces de poissons ont besoin de circuler pour accomplir leur cycle de vie : reproduction, alimentation, croissance. Or, la présence de seuils en travers des cours d’eau réduit leur possibilité de déplacement. La difficulté d’accès aux lieux de reproduction ou de croissance, et le manque d’échange génétique entre les groupes d’une même espèce réduit le renouvellement des populations, les possibilités de fuite en cas de problème et la résistance aux maladies.

Aujourd’hui, la restauration de la continuité écologique des cours d’eau est une des conditions pour atteindre le bon état des eaux et protéger la biodiversité.

A ce titre, un plan national a été lancé en 2009. Il en découle notamment un classement des cours d’eau, identifiant les rivières et tronçons de rivière prioritaires. Sur ces cours d’eau, les aménagements pour garantir la continuité écologique sont obligatoires pour les propriétaires des seuils.

Différentes solutions existent : supprimer l’ouvrage (solution la plus efficace), abaisser l’ouvrage (solution alternative liée à des contraintes techniques ou patrimoniales), aménager une passe à poissons (solution alternative mais coûteuse autant en investissement qu’en entretien et inefficace pour les aspects autres que la continuité piscicole). De nombreux retours d’expérience sont aujourd’hui disponibles.

Quelle prise en compte des usages existants ?

Une étude de faisabilité est réalisée en préalable à tout projet. Elle porte bien entendu sur les aspects hydrauliques (inondabilité, niveaux de nappe…), géotechniques, mais aussi sur l’environnement général de l’ouvrage et les usages qui y sont associés.

Pauline LÉPEULE, EPTB SD / Denis MONMARCHE, Syndicat Mixte de la Loue