Archives de catégorie : zones humides

Le SMMAHD accueille un séminaire national sur les zones humides

Le SMMAHD a le plaisir d’accueillir sur son territoire, du 18 au 20 octobre 2017, le séminaire annuel des sites français de la convention internationale Ramsar.

Le programme met à l’honneur le travail de plus de 20 ans sur le site du bassin du Drugeon, et prévoit des temps d’échanges, visites et ateliers destinés aux différents protagonistes responsables du devenir des zones humides en France.

Cliquez ici pour découvrir le programme du séminaire.

Note : pour des questions d’organisation, merci aux élu(e)s qui souhaiteraient participer à la table ronde du jeudi 19 octobre (« Eviter plutôt que réduire et compenser », de 17h00  à 18h45), de bien vouloir s’inscrire auprès du SMMAHD.

 

 

Diagnostic multi-agent pour les rivières comtoises

L’eau, le sol, le sous-sol, c’est à un écosystème considéré au sens large que s’intéressent les spécialistes du laboratoire Chrono-environnement pour comprendre les mécanismes de dégradation de la Loue, et plus généralement des rivières comtoises. Une telle démarche exige la contribution de différents spécialistes : hydrobiologistes, écotoxicologues, pédologues, chimistes et hydrogéologues retroussent leurs manches et chaussent leurs bottes dans un même élan pour chercher des explications à une situation confuse, et tenter d’y remédier dans la mesure du possible.

Les relevés et les analyses scientifiques l’ont prouvé : la bonne santé des rivières mise en avant par les analyses d’eau classiques n’est qu’apparente, la Loue et les cours d’eau comtois souffrent. Ce ne sont pas les milliers de poissons morts au cours des deux dernières décennies qui diront le contraire, pas plus que les gammares, ces minuscules crevettes d’eau douce habituellement présentes dans les fonds aquatiques, décimées par la pollution.

Le diagnostic des scientifiques est sans appel, il s’appuie sur l’analyse des sédiments, des matières en suspension dans l’eau, et de l’eau elle-même bien sûr, selon les méthodes les plus fines. Il conclut à une minéralisation de l’eau avec une présence marquée de bicarbonates et de calcium ; il met en évidence une augmentation notable de l’azote, et de différents agents biocides, notamment des insecticides, dans les rivières, ainsi qu’une minéralisation accrue de la matière organique des sols. Une combinaison de transformations dont on sait qu’elles ne peuvent manquer d’influer négativement sur la santé et l’équilibre des cours d’eau, et qui aujourd’hui sont identifiées, caractérisées et quantifiées très précisément.

Du sol jusqu’à l’eau, de nombreux facteurs en jeu

François Degiorgi, hydroécologue, Pierre-Marie Badot, écotoxicologue et Éric Lucot, pédologue, tous trois chercheurs au laboratoire Chrono-environnement et enseignants à l’université de Franche-Comté, mènent avec leurs équipes des recherches d’envergure, inscrites à des programmes soutenus par l’Agence de l’eau, la région Bourgogne – Franche-Comté et le Conseil départemental du Doubs.

« Notre hypothèse est celle d’une déstabilisation des sols, qui entraînerait, au moins en partie, les modifications que nous avons pu diagnostiquer dans les rivières. »

En Franche-Comté, de nombreux sols sont minces, donc vulnérables, et l’adoption de pratiques agricoles plus intensives ces dernières décennies a pu contribuer à mettre à mal leurs équilibres biologiques et chimiques, une situation vraisemblablement favorisée par la mise en culture de surfaces autrefois en herbe. Ces modifications pédologiques faciliteraient les transferts de forme minérale de l’azote et de contaminants chimiques vers les cours d’eau, par l’intermédiaire du karst composant notre paysage.

« Les résultats obtenus montrent par exemple la présence fréquente dans les cours d’eau de pyréthrinoïdes, des insecticides de synthèse dérivés du pyrèthre, dont la toxicité sur la faune aquatique s’est révélée plus élevée qu’annoncé au départ. »

Rechercher les causes du dérèglement de l’écosystème oriente aussi vers d’autres pistes, comme la pollution par les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Si leur présence est avérée dans les eaux comtoises, quelle est leur origine ? Atmosphérique ou terrestre ? Les HAP pourraient être entraînés du bitume des routes et des parkings vers les rivières, une hypothèse qui va faire l’objet des prochaines investigations de l’équipe.

« Ce que nous savons d’ores et déjà, et de façon formelle, c’est qu’il n’y a pas une seule source de pollution ou une responsabilité unique. La réalité des causes comme des effets est multiple, et demande à être considérée dans toute sa complexité », souligne François Degiorgi.

 

logo actu univ

Retrouvez cet article sur le site de l’Université de Franche-Comté en cliquant ici

Objectif réduction des toxiques : 700 entreprises prioritaires

Le Syndicat Mixte de la Loue, le Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques du Haut-Doubs, la Chambre du Commerce et de l’Industrie du Doubs (CCI 25) et avec la participation financière de l’Agence de l’Eau Rhône – Méditerranée – Corse, du Syndicat des Eaux de la Haute-Loue, de la ville de Besançon et de la Fédération de pêche du Doubs, se sont associés pour porter l’opération collective Action Loue, sur les territoires du Haut-Doubs et de la Haute-Loue.

Les principaux objectifs :

  • Connaître, suivre et réduire le flux de pollutions toxiques issues des effluents non domestiques qui sont déversés dans les réseaux d’assainissement.
  • Améliorer le stockage et la collecte des déchets dangereux.
  • Sensibiliser les entreprises aux bonnes pratiques environnementales.

Carte opération toxiques HD HL

 

Dans ce cadre, les animateurs de l’opération effectuent des visites en entreprise afin d’évaluer si les établissements présentent un risque potentiel de pollution pour le milieu naturel ou un risque de dysfonctionnement pour le réseau d’assainissement et/ou la station d’épuration.

L’opération Action Loue valide jusqu’en fin 2018, cible en priorité 700 entreprises, selon leur secteur d’activité et/ou leur zone géographique. Cependant, plus de 1700 entreprises sont concernées par l’opération, dont ces dernières peuvent également bénéficier des avantages proposés par l’opération.

Parmi ces avantages, les établissements peuvent bénéficier d’aides financières de la part de l’Agence de l’Eau Rhône – Méditerranée – Corse (de 30% à 60% selon la problématique et/ou de la taille de l’entreprise). Les 2 syndicats mixtes et la CCI sont donc à disposition des entreprises pour vérifier leur éligibilité et leur apporter un appui nécessaire à la constitution du dossier.

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Logo AERMC_Fond Bleu  SIEHL  FD25  Ville de Besançon

 

Contacts :

Camille Butin (SMIX Loue) au 03.81.57.13.44 ou

Julien Febvay (CCI du Doubs) au 03.81.25.25.68

Présentation des marais et tourbières d’Arc-sous-Cicon à l’occasion de la journée mondiale des zones humides

A l’occasion de la journée mondiale des zones humides de février 2017, le Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques du Haut-Doubs (SMMAHD) a organisé une conférence destinée à faire connaître au plus grand nombre les tourbières et zones humides d’Arc-sous-Cicon.

Le SMMAHD, compétent sur 4 communautés de communes, dont la Communauté de communes de Montbenoît, est missionné pour préserver et gérer les tourbières et zones humides d’Arc-sous-Cicon.

Ces dernières font donc l’objet d’études approfondies et cette rencontre a été l’occasion de présenter les enjeux et les perspectives offertes sur ce site remarquable. Un film et 5 panneaux d’informations ont mis en lumière les services rendus par ces écosystèmes. Le public a ensuite pu découvrir le monde des tourbières à travers la projection du film « trésors cachés de la montagne jurassienne » réalisé par J-P Macchioni dans le cadre du programme Life tourbières du Jura.

En effet, au cours du 20ème siècle, 50% des zones humides ont disparu, et beaucoup d’entre elles sont encore menacées à l’heure actuelle par des projets urbains, l’intensification de l’agriculture, le drainage, … La journée mondiale des zones humides est l’occasion d’informer et de sensibiliser le public aux enjeux de protection des zones humides et de rappeler que la préservation de ces espaces va bien au-delà de la seule protection de la « petite plante » ou du « petit papillon » qui y réside. Les zones humides jouent également un rôle essentiel dans le cycle de l’eau et du carbone, la lutte contre les inondations, la restitution d’eau en période d’étiage, …

Ci-dessous vous trouverez la présentation réalisée le 17 février 2017 à Arc-sous-Cicon.

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Restauration de la Morte à la Cluse-et-Mijoux : un projet vertueux reconnu par l’Agence de l’eau

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a lancé en 2015 l’appel à projets « renaturer les rivières et lutter contre les inondations » à l’attention des syndicats de bassin versants et des intercommunalités. Clôturé en juin 2016, 66 dossiers ont été retenus, dont le projet de restauration de la Morte à la Cluse-et-Mijoux, s’accompagnant d’un taux d’aide exceptionnel de 80 % contre 50% habituellement.

L’objectif affiché de l’appel à projet est clairement d’encourager les gestionnaires à initier des projets qui préfigurent l’exercice de la future compétence GEMAPI : associer restauration des cours d’eau et lutte contre les inondations en ménageant plus d’espace à la rivière et en permettant le ralentissement des écoulements.

La caractère vertueux de ce type de projet consiste en ce que les actions de restauration morphologique du cours d’eau permettent à la fois d’augmenter l’attractivité de la rivière et de ses zones humides associées pour les espèces y vivant, et à la fois d’apporter un réel gain en matière de lutte contre les inondations en favorisant le ralentissement des eaux de crue et en leur permettant de s’étaler dans des zones d’expansion dédiées.

Le projet de restauration de la Morte porté par le Syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs répond à ces deux enjeux.

carte-morte-cluse-et-mijoux

Fortement rectifié au moment de la construction de la voie ferrée qui traverse la cluse-et-Mijoux, le cours d’eau a été amputé du 1/3 de son linéaire. Une partie des zones humides ont ensuite été asséchées pour l’aménagement d’un lotissement. Le résultat est qu’en plus de rendre le cours d’eau beaucoup moins intéressant en termes d’habitats pour les espèces, cette situation a augmenté le risque d’inondation en favorisant des crues plus violentes de par leur rapidité et l’impossibilité pour les eaux de s’étaler dans des espaces privilégiés.

Le projet doit donc répondre à cette double problématique en reprenant  les méandres historique de l’ancien tracé et en resserrant le lit du cours d’eau. Techniquement, la Morte pourra ainsi réajuster son gabarit en période de crue et remobiliser des matériaux dans le cours d’eau. La fonctionnalité des milieux humides en sera augmentée, ainsi que l’habitabilité du cours d’eau par les espèces qui y vivent. En effet la hauteur d’eau du ruisseau aujourd’hui d’une dizaine de centimètres en période sèche sera alors de 30 à 40 centimètres.