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Le retour de la saxifrage œil-de-bouc

En danger critique d’extinction en France, les populations de saxifrage oeil-de-bouc n’ont cessé de régresser partout en Europe. Ainsi, en 2017, il ne subsistait en France plus qu’une seule population viable à Bannans, dans le Haut-Doubs ! Depuis, cette jolie fleur dorée fait l’objet d’un programme inédit de réintroduction en milieux naturel, mené par le Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés (CBNFC-ORI), et auquel les communes de Malpas et des Pontets sont associées !

Site-maplas_Justine-AMIOTTE-SUCHETPourquoi est-elle menacée ?
La saxifrage oeil-de-bouc trouve refuge dans les tourbières. Faiblement compétitive, elle n’aime ni le manque ni l’excès d’eau et de nutriments, ce qui la rend particulièrement fragile. Sa disparition est avant tout liée aux changements qui peuvent survenir dans son habitat naturel. Les atteintes qui ont pu être portées à son milieu (drainage, fertilisation, enfrichement…) en font aujourd’hui une plante reconnue « En danger critique d’extinction » dont l’avenir se trouve menacé à très court terme. Si rien n’est fait, l’espèce s’éteindra en France…

Un plan national d’action et une responsabilité franc-comtoise…Protégée, la saxifrage œil-de-bouc bénéficie d’un plan national d’action visant à favoriser sa conservation. Programmé sur 10 ans, ce plan se décline en trois priorités :

  • Renforcer la dernière population encore existante à Bannans
  • Réintroduire la plante dans les anciennes stations franc-comtoises connues
  • Et l’introduire sur de nouveaux sites identifiés comme potentiellement favorables

Dernier bastion de l’espèce, la responsabilité de la Franche-Comté dans la conservation de ce trésor du patrimoine naturel régional est donc toute particulière…

Pourquoi les communes de Malpas et des Pontets sont-elles concernées ?
C’est dans le cadre de ce plan de réintroduction que la tourbière du lac du Trouillot aux Pontets et celle du lac de Malpas ont été retenues pour faire partie des sites de réintroduction. D’après le CBNFC-ORI, la saxifrage œil-de-bouc aurait été mentionnée par les botanistes jusqu’en 2005 aux Pontets.

Quant à Malpas, même si la saxifrage œil-de-bouc ni a jamais été aperçue historiquement, le site présente des conditions particulièrement adaptées à l’espèce et pourrait donc être un habitat naturel particulièrement favorable. En effet, ces deux secteurs ont de grandes qualités écologiques (qualité et quantité d’eau). Il s’agit de marais de transition, un habitat très rare, adapté pour la saxifrage oeil-de-bouc et inventorié pour 40 hectares au total dans le Haut-Doubs et Haut-Jura.

D’autres sites, sur les communes de Bannans et Les Rousses ont également été sélectionnés dans le cadre de ce projet.

Pied-saxifrage-en-milieu-naturel_Justine-AMIOTTE-SUCHET

Les étapes de la réintroduction
Les plants produits à partir des semences provenant du site historique de Bannans et du site des Amburnex en Suisse sont d’abord mises en culture aux jardins botaniques de Besançon, Nancy, Mulhouse et Lausanne, puis transférés à la Rivière-Drugeon, pour s’acclimater. Chaque année, ils sont ensuite transportés sur site, pour être plantés en milieu naturel.
Les tourbières des lacs de Malpas et du Trouillot aux Pontets ont déjà connus 5 campagnes de plantation chacune, entre 2018 et 2020, portant le nombre de plants aujourd’hui réintroduits sur place à 589 ! 

Les plantations se poursuivront jusqu’en 2022.
Ces plantations sont menées par deux membres du CBNFC-ORI, Julien Guyonneau et Justine Amiotte-Suchet, et par l’un des jardiniers du jardin botanique de l’Université de Franche-Comté et de la Ville de Besançon, Cédric Bouvier.

Premiers résultats :
Ces résultats sont globalement encourageants sur l’ensemble des sites car ils montrent un taux de survie élevé, de l’ordre de 94% tous sites confondus (Les Pontets, Bannans, Malpas et Les Rousses). Les plants se développent sous forme de colonies en produisant des stolons et commencent seulement à prendre leur aise en s’échappant à plus de 30 centimètres d’où ils ont été plantés.

Plant-acclimatation_Olivier-BILLANT

Sur les deux sites de Malpas et des Pontets, plus particulièrement, le taux de survie est de 99%… Un vrai succès !

EN IMAGES !
Vous pouvez découvrir ce projet en image, grâce au reportage France 3 qui lui a été consacré, via le lien suivant : https://cutt.ly/dyUCBr0
Ou au reportage photo, à découvrir ici : https://cutt.ly/Uux6xKF

IMPORTANT :
Merci de ne pas chercher à la retrouver au risque de marcher dessus et
compromettre la reprise des plants.

Financement et partenaires :
Ce programme de réintroduction est financé par l’Etat et la Région Bourgogne Franche-Comté et il est mené en partenariat avec Le Jardin botanique de l’Université de Franche-Comté et de la Ville de Besançon, le Conservatoire botanique d’Alsace, les Jardins botaniques du Grand Nancy et de l’Université de Lorraine, l’Association culturelle de La Rivière-Drugeon, le Jardin botanique de Lausanne, l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue et le Parc naturel régional du Haut-Jura.

Contacts :
Contacts techniques CBNFC-ORI : Julien Guyonneau / julien.guyonneau@cbnfc.org
Lien vers le site du CBNFC-ORI : https://cutt.ly/fux62mO

Mieux connaître les sources de pollution

Vendredi 23 novembre, Philippe ALPY, président de la Commission Locale de l’Eau Haut-Doubs Haute-Loue, et Daniel PRIEUR, Président de la Chambre interdépartementale d’agriculture 25-90, signaient en présence de la conseillère départementale Béatrix LOIZON un courrier à destination des agriculteurs du territoire du SAGE Haut-Doubs Haute-Loue.

L’objectif est de s’associer afin de réaliser un travail de collecte de données, pour  identifier certaines sources de pollution du Doubs et de la Loue. Un travail complémentaire est effectué pour connaître les autres sources potentielles de pollution par les pesticides.

Retrouvez ici l’article de l’hebdomadaire La Terre de Chez Nous (cliquez ici) et l’article relatif à la démarche d’enquête (cliquez ici).

Qualité des eaux : bilan de 2 années de suivi des nutriments

Le réseau QUARSTIC a pour objectif de suivre en continu la qualité des eaux souterraines et de surface sur le Doubs, la Loue, et le Lison, en se focalisant sur les paramètres physico-chimiques et les nutriments.

Le nouveau Bulletin d’info présente les résultats des suivis des nutriments lors des 2 cycles hydrologiques entre 2016 et 2018 en comparant les flux annuels.

Un bilan annuel des flux pour chaque sous-bassin du réseau nous renseigne sur les unités hydrologiques où les exportations en azote et en phosphore sont les plus fortes.

Retrouvez le bulletin en cliquant ici.

2e commission thématique sur l’aspect quantitatif de la ressource en eau

La Commission thématique pour l’aspect quantitatif de la ressource en eau du SAGE Haut-Doubs Haute-Loue, qui s’est déroulée le 29 novembre dernier à Grand Combe Chateleu, a été l’occasion d’échanges entre les différents acteurs du territoire autour de cet enjeu, et en particulier de la gestion de l’alimentation en eau potable.

Cliquez ici pour afficher le diaporama présenté.

Enjeux

Le territoire du SAGE, et en particulier le Haut-Doubs, est un territoire fragile du point de vue de la ressource en eau : malgré des précipitations abondantes, la nature karstique du sous-sol induit de grandes variations des débits des cours d’eau. L’épisode de sécheresse exceptionnel de juin à novembre 2018 confirme cette fragilité : malgré un remplissage optimal des rivières et nappes suite aux pluies de l’hiver et du printemps, 3 mois de sécheresse ont suffi à entrer dans une crise sévère.

carte_tracages
Exemple de circulations souterraines reconnues

Le PGRE, ou Plan de Gestion de la Ressource en Eau, sur le Haut-Doubs, adopté par la Commission locale de l’eau (CLE) fin 2015, vise à une gestion quantitative équilibrée de la ressource : il s’agit de garantir de l’eau en quantité suffisante à la fois pour les usages humains et pour le bon fonctionnement des milieux aquatiques, de manière durable dans le temps.

L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de garantir une alimentation en eau potable pour les habitants du Haut-Doubs, ainsi que des niveaux suffisants aux rivières, aux périodes les plus sèches de l’année, principalement en été. Dans un contexte de réchauffement climatique, et de dynamisme économique et démographique du territoire du Haut-Doubs, la mise en œuvre d’une stratégie commune paraît essentielle.

Déroulement de la réunion

La commission thématique a été marquée par une forte participation des élus locaux représentants notamment des communes, communautés de communes ou d’agglomération, et syndicats de gestion des eaux, des associations et services de l’Etat.

Ils ont pu prendre connaissance d’un exposé de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté portant sur le phénomène de sécheresse 2018, ainsi que sur les effets attendus du changement climatique sur le territoire.

Ensuite, le Département du Doubs, représentée par sa vice-Présidente en charge de l’environnement Béatrix Loizon, a présenté les actions à conduire pour sécuriser l’Alimentation en Eau Potable sur le territoire du SAGE, suite à la réalisation du Schéma Départemental d’Alimentation en Eau Potable du Doubs. Il s’agit notamment de diversifier et de mutualiser les ressources, d’améliorer le suivi et la gestion du patrimoine, et de rationaliser le nombre d’ »unités de gestion » de l’eau potable (on compte en moyenne 1 unité pour 500 habitants dans le Haut-Doubs au Sud de Morteau, assurant tout ou partie des missions en lien avec l’alimentation en eau potable).

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On compte en moyenne un service de gestion de l’eau potable pour 500 habitants dans le Haut-Doubs

Enfin, des pistes pour renforcer l’adaptation au changement climatique de la gestion de l’eau ont été discutées. Parmi les priorités identifiées figurent les économies d’eau, mais également la maîtrise de l’imperméabilisation des sols, à intégrer dans les documents d’urbanisme tels que PLUI et SCOT, et enfin la préservation des zones humides et annexes aux cours d’eau, qui stockent l’eau lorsqu’elle est abondante et la restituent lorsqu’elle se fait rare.

Le Président de la CLE, Philippe Alpy, a rappelé qu’agir positivement sur les milieux aquatiques équivaut à agir positivement sur la ressource, et a remercié les élu(e)s du territoire qui se sont engagé(e)s pour la création d’un syndicat de gestion des milieux aquatiques à l’échelle du SAGE Haut Doubs Haute Loue, au 1er janvier 2019. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de prendre en compte, dans les décisions d’aménagement du territoire, la fragilité et la disponibilité de la ressource en eau.

Suites

Cette 2ème commission thématique concernant l’aspect quantitatif de la ressource en eau sera reconduite en 2019, afin de faire un focus sur l’avancement du PGRE du Haut-Doubs et le rendre encore plus opérationnel. En parallèle, la Commission Locale de l’Eau travaille sur l’aspect qualitatif de l’eau, dans le cadre d’une autre commission thématique.

Les tourbières et le climat : 2 conférences à venir

Une conférence intitulée « Le climat se réchauffe, les tourbières aussi : Bilan de 10 années de recherche à Frasne » aura lieu :

  • Dans le Haut-Doubs : jeudi 4 octobre à 20h à la salle d’animation de Frasne 
  • A Besançon : mardi 16 octobre à 20h au Petit Kursaal

 Daniel Gilbert, écologue au laboratoire Chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté viendra présenter un premier bilan des 10 années de recherche sur la station de la tourbière de Frasne, en lien avec le changement climatique, complété par les premiers retours d’informations du SMMAHD après les travaux de restauration de la tourbière engagés en 2015.

Contact : Geneviève MAGNON – SMMAHD

ConférenceFrasne_20181004_climat_tourbière (002)