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ARRÊTÉ du 4 Août 2020 Restriction des usages de l’eau : ALERTE RENFORCEE Niveau 2

Le seuil d’alerte renforcée de niveau 2 étant atteint, les usages de l’eau sont soumis à des restrictions supplémentaires à celles du précédent arrêté d’alerte de niveau 1 du 17 juillet 2020, et ce sur l’ensemble du territoire des communes du département du Doubs. La situation est la même en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort.

Compte-tenu du déficit de précipitations, générant la baisse progressive du niveau des cours d’eau et des nappes du département, le seuil d’alerte renforcée a été atteint. 

Ainsi, il est nécessaire de renforcer les actions d’économie de la ressource afin d’éviter tout gaspillage, de préserver la vie aquatique et prévenir la situation future.

Arrêté préfectoral portant restriction des usages de l’eau – 04 08 2020

Tableau récapitulatif des mesures de limitation et d’interdiction des usages de l’eau au stade d’alerte renforcée

Situation nationale au 18 aout 2020

http://propluvia.developpement-durable.gouv.fr/propluvia/faces/index.jsp


Tous concernés par les économies d’eau

Dans ce contexte de tension sur l’état des ressources naturelles en eau, lié au manque de précipitations, chacun doit veiller à économiser l’eau dans ses activités quotidiennes, qu’elles soient domestiques, industrielles ou agricoles.

Pour les habitants, une fiche astuce sur les gestes d’économie d’eau est disponible sur notre site et donne des idées et pistes d’actions (Fiche technique 1 Économiser l’eau), ainsi qu’une fiche astuce concernant la récupération d’eau pluviale Fiche technique 3 récupération d’eau pluviale), auxquelles on peut ajouter de nombreuses astuces et les partager autour de soi, comme par exemple :

A la cuisine :

  • Garder les eaux de lavage des légumes, salades, et les eaux non savonneuses pour arroser au potager après 20 h, les chaleurs étant en effet moins importantes le soir, l’arrosage est plus efficace et les végétaux en tirent bénéfice toute la nuit,

A la salle de bain :

  • Arrêter les robinets dès qu’on n’utilise pas l’eau : pendant les lavages de mains, brossage de dent, etc,
  • Arrêter la douche lors du savonnage,
  • Eviter les bains, fortement consommateurs d’eau,
  • Si possible limiter le nombre de chasses d’eau journalières au WC, qui constituent aussi une part importante de la consommation d’eau journalière.

Au potager :

  • Afin de préserver l’humidité du sol et réduire le très fort assèchement que l’on observe actuellement : pailler systématiquement les cultures à l’aide de tontes de gazon, de paille, de feuilles mortes, de bois fragmenté (sauf écorces de pin, car trop acides pour nos sols et cultures) ;
  • Favoriser les plantes couvre-sol pour éviter les zones de sol nu qui accélèrent le dessèchement de la terre,
  • Pour les serres, il est possible de limiter les surchauffes en réduisant l’arrivée des rayons solaires par ombrage, ce qui permet de réduire l’effet de serre et donc l’augmentation des températures, ainsi que l’évaporation de l’eau à l’intérieur. Ce type de dispositif permet donc de réduire les besoins en arrosage et leur fréquence. Pour cela, il est possible de les couvrir d’un filet d’ombrage ou de les peindre en blanc avec une peinture naturelle au lait de chaux ou à base d’argile.
    A noter que lors des périodes de fortes chaleurs et de sécheresse, les végétaux sont en état de stress et végètent : la croissance et le murissement sont freinés, on constate par exemple que les tomates ne rougissent plus, un dispositif d’ombrage peut donc être bénéfique.

Pour les pelouses :

  • On évite de tondre assez tôt dans la saison, soit avant que les chaleurs ne commencent, et on conserve l’herbe avec une hauteur suffisante. Elle pourra ainsi mieux survivre aux fortes chaleurs en s’ombrant elle-même, ce qui permet aussi de mieux préserver l’humidité encore présente dans le sol.
  • Lors des tontes à partir de mai, on coupera le plus haut possible afin de maintenir une herbe vigoureuse et dense (régler la hauteur de coupe sur la tondeuse au plus haut).                                                                     En effet, plus on tond court et plus l’herbe meurt rapidement aux premières chaleurs, laissant le sol à nu et ne pouvant plus exercer son rôle de rétention d’eau, car en plein soleil toute la journée.

Pour les vergers :

  • On reporte les tontes à la fin de l’été, afin de préserver une herbe verte qui ombre le sol et préserve son humidité, pour favoriser la survie des arbres fruitiers durant ces périodes difficiles. De même que pour les pelouses, on limite les tontes à partir de mai, et on laisse l’herbe pousser haut, afin de laisser grainer les fleurs et favoriser la biodiversité.  

Economiser l’eau : oui, mais pourquoi ?

Outre les économies d’eau à la clé, qui sont aussi sources d’économies d’argent étant donné les factures qui y sont associées, chaque geste d’utilisation efficace de l’eau permet de réduire les pompages dans les milieux naturels, que ce soient les rivières ou les nappes phréatiques, et donc de préserver l’état de nos stocks d’eau, qui sont en situation critique depuis plusieurs années.

Concernant spécifiquement la biodiversité des cours d’eau, l’abaissement des niveaux d’eau est un danger de jour en jour : poissons et macro invertébrés ne peuvent survivre dans des eaux stagnantes, et atteignant des températures excessives.

On peut prendre en exemple cet article de l’Est Républicain du 6 Aout 2020 :

Pêche de sauvetage dans le Doubs : « Un égout à ciel ouvert »

Économisons l’eau donc…

ARRÊTÉ du 17 Juillet 2020 Restriction des usages de l’eau

Résumé de l’arrêté :
Le seuil d’alerte étant atteint, les usages de l’eau sont limités provisoirement sur l’ensemble du territoire des communes du département du Doubs.

Sont interdits sur le territoire des communes du Doubs :

Les usages domestiques :

* Lavage des voitures : l’utilisation de l’eau hors des stations professionnelles.

* Le remplissage des piscines privées existantes y compris les piscines démontables, à l’exception :

– de la première mise en eau de piscines et bassins « enterrées » en cours de chantier dont la réception ne pourra être effectuée qu’après remplissage.

– du remplissage des piscines et bassins d’une capacité Inférieure à 2 m3.

– de la mise à niveau nocturne, nécessaire pour la sécurité.

* L’arrosage des pelouses, des espaces verts publics et privés, des jardins d’agrément et potagers entre 8 h el 20 h.

* L’arrosage des terrains de sport et des terrains de golf de 8 heures à 20 heures, de façon à diminuer la consommation d’eau sur le volume hebdomadaire (un registre de prélèvement devra être rempli hebdomadairement pour l’irrigation des stades, des golfs).

* Les fontaines publiques doivent être fermées lorsque cela est techniquement possible.

* Les points d’eau potable doivent être munis d’un système type robinet poussoir afin de ne pas couler en permanence.

Les usages économiques :

* Les Industries doivent appliquer le niveau 1 de leur plan d’économie.

* Reporter les travaux très consommateurs d’eau et / ou produisant des rejets potentiellement nuisibles dans les réseaux ou les cours d’eau.

* L’irrigation agricole : l’arrosage par aspersion est interdit entre 8 h et 20 h.

* Usages agricole et maraicher : l’arrosage des cultures de semences, des cultures fruitières et des cultures maraîchères, florales et pépinières en « goutte à goutte » ou « pied à pied » est interdit entre 8 h et 20 h.

* Le remplissage des citernes sera effectué depuis la berge, sans pénétrer dans le cours d’eau. Tout prélèvement est interdit en ruisseau APB (arrêté de protection de biotope). Dans la mesure où il existe d’autres ressources moins impactantes, les prélèvements effectués dans les cours d’eau ne doivent cependant pas amener le débit de ceux-ci en dessous du minimum biologique (ou mettre en danger la faune et la flore, ou conduire à des assecs).

* Agriculture : l’abreuvement des animaux n’est pas concerné par les mesures de restriction de quelque niveau que ce soit, mais est soumis pour les prélèvements aux règles rappelées ci-dessus.

Le retour de la saxifrage œil-de-bouc

En danger critique d’extinction en France, les populations de saxifrage oeil-de-bouc n’ont cessé de régresser partout en Europe. Ainsi, en 2017, il ne subsistait en France plus qu’une seule population viable à Bannans, dans le Haut-Doubs ! Depuis, cette jolie fleur dorée fait l’objet d’un programme inédit de réintroduction en milieux naturel, mené par le Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés (CBNFC-ORI), et auquel les communes de Malpas et des Pontets sont associées !

Site-maplas_Justine-AMIOTTE-SUCHETPourquoi est-elle menacée ?
La saxifrage oeil-de-bouc trouve refuge dans les tourbières. Faiblement compétitive, elle n’aime ni le manque ni l’excès d’eau et de nutriments, ce qui la rend particulièrement fragile. Sa disparition est avant tout liée aux changements qui peuvent survenir dans son habitat naturel. Les atteintes qui ont pu être portées à son milieu (drainage, fertilisation, enfrichement…) en font aujourd’hui une plante reconnue « En danger critique d’extinction » dont l’avenir se trouve menacé à très court terme. Si rien n’est fait, l’espèce s’éteindra en France…

Un plan national d’action et une responsabilité franc-comtoise…Protégée, la saxifrage œil-de-bouc bénéficie d’un plan national d’action visant à favoriser sa conservation. Programmé sur 10 ans, ce plan se décline en trois priorités :

  • Renforcer la dernière population encore existante à Bannans
  • Réintroduire la plante dans les anciennes stations franc-comtoises connues
  • Et l’introduire sur de nouveaux sites identifiés comme potentiellement favorables

Dernier bastion de l’espèce, la responsabilité de la Franche-Comté dans la conservation de ce trésor du patrimoine naturel régional est donc toute particulière…

Pourquoi les communes de Malpas et des Pontets sont-elles concernées ?
C’est dans le cadre de ce plan de réintroduction que la tourbière du lac du Trouillot aux Pontets et celle du lac de Malpas ont été retenues pour faire partie des sites de réintroduction. D’après le CBNFC-ORI, la saxifrage œil-de-bouc aurait été mentionnée par les botanistes jusqu’en 2005 aux Pontets.

Quant à Malpas, même si la saxifrage œil-de-bouc ni a jamais été aperçue historiquement, le site présente des conditions particulièrement adaptées à l’espèce et pourrait donc être un habitat naturel particulièrement favorable. En effet, ces deux secteurs ont de grandes qualités écologiques (qualité et quantité d’eau). Il s’agit de marais de transition, un habitat très rare, adapté pour la saxifrage oeil-de-bouc et inventorié pour 40 hectares au total dans le Haut-Doubs et Haut-Jura.

D’autres sites, sur les communes de Bannans et Les Rousses ont également été sélectionnés dans le cadre de ce projet.

Pied-saxifrage-en-milieu-naturel_Justine-AMIOTTE-SUCHET

Les étapes de la réintroduction
Les plants produits à partir des semences provenant du site historique de Bannans et du site des Amburnex en Suisse sont d’abord mises en culture aux jardins botaniques de Besançon, Nancy, Mulhouse et Lausanne, puis transférés à la Rivière-Drugeon, pour s’acclimater. Chaque année, ils sont ensuite transportés sur site, pour être plantés en milieu naturel.
Les tourbières des lacs de Malpas et du Trouillot aux Pontets ont déjà connus 5 campagnes de plantation chacune, entre 2018 et 2020, portant le nombre de plants aujourd’hui réintroduits sur place à 589 ! 

Les plantations se poursuivront jusqu’en 2022.
Ces plantations sont menées par deux membres du CBNFC-ORI, Julien Guyonneau et Justine Amiotte-Suchet, et par l’un des jardiniers du jardin botanique de l’Université de Franche-Comté et de la Ville de Besançon, Cédric Bouvier.

Premiers résultats :
Ces résultats sont globalement encourageants sur l’ensemble des sites car ils montrent un taux de survie élevé, de l’ordre de 94% tous sites confondus (Les Pontets, Bannans, Malpas et Les Rousses). Les plants se développent sous forme de colonies en produisant des stolons et commencent seulement à prendre leur aise en s’échappant à plus de 30 centimètres d’où ils ont été plantés.

Plant-acclimatation_Olivier-BILLANT

Sur les deux sites de Malpas et des Pontets, plus particulièrement, le taux de survie est de 99%… Un vrai succès !

EN IMAGES !
Vous pouvez découvrir ce projet en image, grâce au reportage France 3 qui lui a été consacré, via le lien suivant : https://cutt.ly/dyUCBr0
Ou au reportage photo, à découvrir ici : https://cutt.ly/Uux6xKF

IMPORTANT :
Merci de ne pas chercher à la retrouver au risque de marcher dessus et
compromettre la reprise des plants.

Financement et partenaires :
Ce programme de réintroduction est financé par l’Etat et la Région Bourgogne Franche-Comté et il est mené en partenariat avec Le Jardin botanique de l’Université de Franche-Comté et de la Ville de Besançon, le Conservatoire botanique d’Alsace, les Jardins botaniques du Grand Nancy et de l’Université de Lorraine, l’Association culturelle de La Rivière-Drugeon, le Jardin botanique de Lausanne, l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue et le Parc naturel régional du Haut-Jura.

Contacts :
Contacts techniques CBNFC-ORI : Julien Guyonneau / julien.guyonneau@cbnfc.org
Lien vers le site du CBNFC-ORI : https://cutt.ly/fux62mO

Mieux connaître les sources de pollution

Vendredi 23 novembre, Philippe ALPY, président de la Commission Locale de l’Eau Haut-Doubs Haute-Loue, et Daniel PRIEUR, Président de la Chambre interdépartementale d’agriculture 25-90, signaient en présence de la conseillère départementale Béatrix LOIZON un courrier à destination des agriculteurs du territoire du SAGE Haut-Doubs Haute-Loue.

L’objectif est de s’associer afin de réaliser un travail de collecte de données, pour  identifier certaines sources de pollution du Doubs et de la Loue. Un travail complémentaire est effectué pour connaître les autres sources potentielles de pollution par les pesticides.

Retrouvez ici l’article de l’hebdomadaire La Terre de Chez Nous (cliquez ici) et l’article relatif à la démarche d’enquête (cliquez ici).