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La Commission Locale de l’Eau cherche à maîtriser les sources de pesticides

La Commission Locale de l’Eau Haut-Doubs Haute-Loue s’est réunie mercredi 4 juillet à la salle des fêtes de HOUTAUD (25). Il était question du projet de création d’un EPAGE sur le secteur Haut-Doubs &Haute-Loue, et des axes de travail pour maîtriser le risque de transfert de pesticides vers les milieux aquatiques.

Les échanges ont été nombreux et riches entre les 40 participant(e)s.

Bientôt un EPAGE sur le territoire Haut-Doubs Haute-Loue

Le Président Philippe ALPY a tout d’abord porté à connaissance des membres de la CLE un point d’avancement sur le projet de création d’un Etablissement Public d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (EPAGE) sur le territoire du Haut-Doubs et de la Haute-Loue.

L’objectif est d’aboutir à la création de l’EPAGE au 1er janvier 2019. Le Président a appelé les collectivités à délibérer rapidement pour approuver leur adhésion au futur établissement, d’autant plus que certaines sont également amenées à consulter leurs communes membres. La Sous-Préfète de Pontarlier, Mme Annick PAQUET, a félicité les collectivités pour leur engagement collectif sur le territoire fragile qu’est le bassin versant Haut-Doubs Haute-Loue. Elle a rappelé que les élu(e)s et services peuvent compter sur l’appui des services de la sous-Préfecture pour tout ce qui a trait à la procédure administrative.

Réduire les risques de transfert de pesticides vers les milieux aquatiques

Le second point à l’ordre du jour concernait les travaux de la commission « Qualité de l’Eau », qui s’est réunie le 5 juin à PONTARLIER (25). Cette commission travaille à la réduction des risques de transfert de molécules toxiques vers les milieux aquatiques.

En effet, l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, dans le cadre du programme de recherche financé par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et le Département du Doubs, a décelé dans des échantillons d’eau et de sédiments des molécules connues pour leur toxicité à très faible dose. L’équipe de recherche a montré que certaines, pesticides en particulier, pourraient jouer un rôle important dans la dégradation du fonctionnement des milieux aquatiques. En lien avec cette hypothèse, la commission cherche donc à mieux comprendre les sources et voies de transfert potentiels vers les cours d’eau.

Deux sources potentielles sont pour l’instant identifiées : les traitements appliqués sur le bétail pour le protéger des insectes et parasites vecteurs de maladies, et les traitements appliqués au printemps sur les grumes stockées en forêt, pour éviter la dégradation des bois par un insecte appelé scolyte liseré. Même si s’agit pour l’instant de mieux connaître les pratiques et les risques, en lien avec les filières professionnelles, le Président a présenté des actions préventives pouvant être développées dès aujourd’hui. La mise en place de clôtures le long des cours d’eau, pour éviter la divagation du bétail dans les rivières et donc prévenir tout risque de transfert direct de l’animal vers l’eau, est une des actions privilégiées.

La CC Lacs et Montagnes du Haut-Doubs présente un projet de nouvelle station d’épuration

Enfin, M. Lionel CHEVASSU, vice-Président de la Communauté de communes Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, a présenté aux membres de la CLE le projet de nouvelle station d’épuration des eaux Usées (STEU) qui doit remplacer les unités vieillissantes de METABIEF et LONGEVILLES MONT D’OR. Considérant le respect des indications du SAGE Haut-Doubs Haute-Loue, ainsi que l’amélioration notable attendue sur la qualité du ruisseau du bief rouge, recevant actuellement les eaux usées traitées, la Commission Locale de l’Eau a donné au projet un avis favorable assorti de quelques points de vigilance.

Le compte-rendu et le diaporama présentés sont disponibles sur le site web de l’EPTB Saône & Doubs.

Diagnostic des affluents de la haute Loue

La Loue sur tout son parcours, reçoit les eaux de nombreux affluents issus pour la plupart de l’émergence du karst dont les plus importants sont la Brême, le Lison, la Furieuse et la Cuisance.

Pour ces affluents principaux, les collectivités disposent de données à travers différentes études et diagnostics. Toutefois, sur les affluents moins importants, les informations sont peu nombreuses ou relativement anciennes, voire inexistantes.

Ce manque ou l’absence de données ne permet pas d’en apprécier la qualité et leur potentialité d’un point de vue biologique et en particulier piscicole.

De plus, certains d’entre eux connaissent des altérations plus moins importantes (dégradation morphologique et de la qualité de l’eau) soit à la suite de travaux plus ou moins anciens, soit en raison des rejets directs ou indirects qu’ils subissent.

Sur plusieurs petits affluents situés sur la Haute vallée de la Loue et qui présentent un intérêt très fort en terme de zones de reproduction pour la truite notamment, l’étude projetée par le Syndicat mixte de la Loue consiste à établir, sur la base d’états des lieux et de diagnostics précis, un projet de programme d’actions pour la restauration hydromorphologique (continuité écologique et fonctionnalité).

Les ruisseaux pré-identifiés situés sur la Haute vallée de la Loue à l’amont d’Ornans sont les suivants :

  • ruisseaux de Raffenot et Vergetolle (également appelés « Bief Blanc » et « Bief noir »)
  • ruisseau d’Amathay
  • ruisseau de Norvaux
  • ruisseau de l’Eugney
  • ruisseau de Vau à Montgesoye

A  partir d’un état des lieux menant à un diagnostic de la situation actuelle, le prestataire  qui sera choisi devra élaborer et proposer un programme prévisionnel d’aménagement des ruisseaux permettant leur restauration ou leur amélioration morphologique, écologique et fonctionnelle.

Les actions qui seront proposées seront hiérarchisés par ordre de priorité au regard des bénéfices attendus pour les milieux aquatiques à court et moyen terme mais également au vu de leur faisabilité par rapport aux enjeux et usages riverains, contraintes locales et/ou foncières.

La consultation de bureaux d’études requise au titre du code des marchés publics est en cours et le choix du Syndicat mixte de la Loue  devrait intervenir avant la mi-juin.

Il est précisé, que cette étude devrait bénéficier du soutien financier de l’Agence de l’eau et du Département du Doubs au titre de leurs politiques en faveur de la restauration et de la préservation des milieux aquatiques mais également du soutien technique de la Fédération de pêche du Doubs.

Réseau QUARSTIC : la qualité des eaux à la loupe

Le réseau QUARSTIC a pour objectif de suivre en continu la qualité des eaux souterraines et de surface sur le Doubs, la Loue, et le Lison, en se focalisant sur les paramètres physico-chimiques et les nutriments.

Le nouveau Bulletin d’info présente une analyse des flux d’azote exportés dans les eaux pour le cycle hydrologique 2016-2017.

Les résultats du suivi temporel montrent qu’il existe certaines disparités dans l’impact des différents tronçons de rivière selon les périodes de l’année.

Un bilan annuel des flux pour chaque sous-bassin du réseau nous renseigne sur les unités hydrologiques où les exportations en nitrate sont les plus fortes, indiquant une augmentation des flux par unité de surface de plus en plus importante de l’amont vers l’aval du bassin.

Retrouvez le bulletin en cliquant ici

Diagnostic multi-agent pour les rivières comtoises

L’eau, le sol, le sous-sol, c’est à un écosystème considéré au sens large que s’intéressent les spécialistes du laboratoire Chrono-environnement pour comprendre les mécanismes de dégradation de la Loue, et plus généralement des rivières comtoises. Une telle démarche exige la contribution de différents spécialistes : hydrobiologistes, écotoxicologues, pédologues, chimistes et hydrogéologues retroussent leurs manches et chaussent leurs bottes dans un même élan pour chercher des explications à une situation confuse, et tenter d’y remédier dans la mesure du possible.

Les relevés et les analyses scientifiques l’ont prouvé : la bonne santé des rivières mise en avant par les analyses d’eau classiques n’est qu’apparente, la Loue et les cours d’eau comtois souffrent. Ce ne sont pas les milliers de poissons morts au cours des deux dernières décennies qui diront le contraire, pas plus que les gammares, ces minuscules crevettes d’eau douce habituellement présentes dans les fonds aquatiques, décimées par la pollution.

Le diagnostic des scientifiques est sans appel, il s’appuie sur l’analyse des sédiments, des matières en suspension dans l’eau, et de l’eau elle-même bien sûr, selon les méthodes les plus fines. Il conclut à une minéralisation de l’eau avec une présence marquée de bicarbonates et de calcium ; il met en évidence une augmentation notable de l’azote, et de différents agents biocides, notamment des insecticides, dans les rivières, ainsi qu’une minéralisation accrue de la matière organique des sols. Une combinaison de transformations dont on sait qu’elles ne peuvent manquer d’influer négativement sur la santé et l’équilibre des cours d’eau, et qui aujourd’hui sont identifiées, caractérisées et quantifiées très précisément.

Du sol jusqu’à l’eau, de nombreux facteurs en jeu

François Degiorgi, hydroécologue, Pierre-Marie Badot, écotoxicologue et Éric Lucot, pédologue, tous trois chercheurs au laboratoire Chrono-environnement et enseignants à l’université de Franche-Comté, mènent avec leurs équipes des recherches d’envergure, inscrites à des programmes soutenus par l’Agence de l’eau, la région Bourgogne – Franche-Comté et le Conseil départemental du Doubs.

« Notre hypothèse est celle d’une déstabilisation des sols, qui entraînerait, au moins en partie, les modifications que nous avons pu diagnostiquer dans les rivières. »

En Franche-Comté, de nombreux sols sont minces, donc vulnérables, et l’adoption de pratiques agricoles plus intensives ces dernières décennies a pu contribuer à mettre à mal leurs équilibres biologiques et chimiques, une situation vraisemblablement favorisée par la mise en culture de surfaces autrefois en herbe. Ces modifications pédologiques faciliteraient les transferts de forme minérale de l’azote et de contaminants chimiques vers les cours d’eau, par l’intermédiaire du karst composant notre paysage.

« Les résultats obtenus montrent par exemple la présence fréquente dans les cours d’eau de pyréthrinoïdes, des insecticides de synthèse dérivés du pyrèthre, dont la toxicité sur la faune aquatique s’est révélée plus élevée qu’annoncé au départ. »

Rechercher les causes du dérèglement de l’écosystème oriente aussi vers d’autres pistes, comme la pollution par les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Si leur présence est avérée dans les eaux comtoises, quelle est leur origine ? Atmosphérique ou terrestre ? Les HAP pourraient être entraînés du bitume des routes et des parkings vers les rivières, une hypothèse qui va faire l’objet des prochaines investigations de l’équipe.

« Ce que nous savons d’ores et déjà, et de façon formelle, c’est qu’il n’y a pas une seule source de pollution ou une responsabilité unique. La réalité des causes comme des effets est multiple, et demande à être considérée dans toute sa complexité », souligne François Degiorgi.

 

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Retrouvez cet article sur le site de l’Université de Franche-Comté en cliquant ici

Présentation des marais et tourbières d’Arc-sous-Cicon à l’occasion de la journée mondiale des zones humides

A l’occasion de la journée mondiale des zones humides de février 2017, le Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques du Haut-Doubs (SMMAHD) a organisé une conférence destinée à faire connaître au plus grand nombre les tourbières et zones humides d’Arc-sous-Cicon.

Le SMMAHD, compétent sur 4 communautés de communes, dont la Communauté de communes de Montbenoît, est missionné pour préserver et gérer les tourbières et zones humides d’Arc-sous-Cicon.

Ces dernières font donc l’objet d’études approfondies et cette rencontre a été l’occasion de présenter les enjeux et les perspectives offertes sur ce site remarquable. Un film et 5 panneaux d’informations ont mis en lumière les services rendus par ces écosystèmes. Le public a ensuite pu découvrir le monde des tourbières à travers la projection du film « trésors cachés de la montagne jurassienne » réalisé par J-P Macchioni dans le cadre du programme Life tourbières du Jura.

En effet, au cours du 20ème siècle, 50% des zones humides ont disparu, et beaucoup d’entre elles sont encore menacées à l’heure actuelle par des projets urbains, l’intensification de l’agriculture, le drainage, … La journée mondiale des zones humides est l’occasion d’informer et de sensibiliser le public aux enjeux de protection des zones humides et de rappeler que la préservation de ces espaces va bien au-delà de la seule protection de la « petite plante » ou du « petit papillon » qui y réside. Les zones humides jouent également un rôle essentiel dans le cycle de l’eau et du carbone, la lutte contre les inondations, la restitution d’eau en période d’étiage, …

Ci-dessous vous trouverez la présentation réalisée le 17 février 2017 à Arc-sous-Cicon.

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